Ecotopia

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Reconnaissons un avantage au confinement : la matinée au lit avec un bon bouquin, c’est le pied 😀 Alors que faites-vous de votre côté ? Je vais essayer de mettre les bouchées doubles sur les révisions en ce qui me concerne, ça sera toujours ça de fait pour le concours ; et si j’arrive à avancer sur mon tapuscrit, la vie sera belle ^^

Nouvelle chronique littéraire ^^ Grâce à mon travail en librairie, j’ai pu emprunter quelques livres, et pour une fois, lire des sorties récentes ! D’habitude, comme j’achète essentiellement d’occasion, je lis après tout le monde les nouveaux titres ^^’ Bon, ici ce n’en est pas un, mais il m’avait tapé dans l’oeil et je ne regrette pas de l’avoir lu ! Voici Ecotopia  : Les Carnets de notes et de Rapports de William Westonécrit par Ernest Callenbach en 1975. Il s’agit d’une des premières utopies écologiques (même si la société décrite n’est pas non plus parfaite), et à ce titre elle a eu un impact majeur sur le mouvement écologique. Ernest Callenbach est d’ailleurs partisan de la simplicité volontaire, un mode de vie où l’on réduit volontairement sa consommation, et donc les impacts de celle-ci : les motivations peuvent être multiples et pas seulement écologiques (philosophiques, sociales, économiques, juste pour la frime,…), et on le voit tout au long du livre !

Résumé : Trois États de la côte ouest des États-Unis – la Californie, l’Oregon et l’État de Washington – décident de faire sécession et de construire, dans un isolement total, une société écologique radicale baptisée Écotopia. Vingt ans après, l’heure est à la reprise des liaisons diplomatiques entre les deux pays. Pour la première fois, Écotopia ouvre ses frontières à un journaliste américain. Au fil de ses articles envoyés au Times-Post , William Weston décrit tous les aspects de la société écotopienne : les femmes au pouvoir, l’autogestion, la décentralisation, les 22 heures de travail hebdomadaire, le recyclage systématique, le rapport à la nature, etc. Quant à son journal intime, il révèle le parcours initiatique qui est le sien ; d’abord sceptique, voire cynique, William Weston vit une profonde transformation intérieure. Son histoire d’amour intense avec une écotopienne va le placer devant un dilemme crucial : choisir entre deux mondes.
Récit utopique publié en 1975, traduit depuis dans le monde entier, Écotopia est d’une actualité saisissante. Il offre une voie concrète et désirable pour demain, et ce faisant agit comme un antidote au désastre en cours.

Mon avis : 

Alors ! Y a beaucoup à voir dans ce roman, je vous le dis tout de suite ! La couverture ne vend pas spécialement du rêve je trouve, elle m’évoque plutôt une dystopie avec une société à moitié détruire façon guerre mondiale plutôt qu’une utopie écologique ^^’ D’un autre côté, il s’agit de bâtir une civilisation radicalement nouvelle sur les bases de l’ancienne, et en passant outre les conflits armés qui vont potentiellement en découler, que ce soit à l’intérieur du pays ou aux frontières.

Le récit alterne entre les articles de William Weston, qu’il écrit pour son journal, et des passages de son journal intime où il se livre plus personnellement sur ce qu’il ressent face à une toute nouvelle société. Ecotopia est donc constituée de trois anciens états des Etats-Unis, et a été créée après une grave crise économique. Bien entendu, la sécession n’a pas été acceptée de bonne grâce par les autres états ; la haine des Américains envers les Ecotopiens est donc forte et les préjugés alimentés par le fait que les frontières sont restées fermées pendant très longtemps. Le livre nous présente la civilisation écotopienne sous toutes ses coutures : sa politique, son système économique, scolaire, professionnel, alimentaire,… Même les modes de vie et de pensée sont devenus radicalement différents. Si de prime abord il semble que les Ecotopiens soient retournés à un mode de vie plus « primitif » avec le bois comme principal matériau de construction par exemple, ils ont aussi fait plusieurs avancées technologiques majeures, en focalisant les recherches scientifiques sur des procédés respectueux de la nature. Production, usage et dégradation, tout est pensé selon un principe d’équilibre qui est à la base même d’Ecotopia.

Ce serait trop long de tout vous décrire ou vous explique, et le roman le fait bien mieux que moi. L’auteur insiste sur le fait qu’Ecotopia est loin d’être parfaite, qu’il y a encore des défauts et des tâtonnements. Mais tout de même. Elle vend du rêve. Tout d’abord parce qu’elle est profondément écologique, et qu’elle ouvre la voie vers des réflexions que l’on croit aujourd’hui impossibles. Chaque citoyen a un vrai respect pour la nature, et les gestes écologiques ne représentent absolument pas une contrainte pour eux, selon le principe de la simplicité volontaire dont je vous parlais plus haut. D’ailleurs, le système professionnel reflète le même état d’esprit : on passe sur une semaine à 20 heures, qui permet de diminuer le chômage et laisser plus de temps aux loisirs, et surtout à la créativité dans tous les domaines possibles. Réparation et construction font partie intégrante de la vie quotidienne, et encore une fois cela n’est jamais une corvée car les Ecotopiens parviennent sans problème à mélanger la tâche à accomplir avec la légèreté d’un loisir.

Autre question sociétale, le livre est presque visionnaire pour ce qui est de l’égalité homme-femme : au grand étonnement du narrateur, hommes et femmes ont les mêmes droits, tout en reconnaissant que les uns et les autres peuvent avoir, de manière générale et pas obligatoire attention, des aspirations différentes. Par exemple, la compétitivité des hommes s’exprime par les jeux de guerre (sorte de lutte en groupe armés de lances), tandis que les femmes sont plutôt incitées à lutter pour les postes à responsabilités ou le rôle éducateur auprès des enfants. Il y a donc encore certaines notions de virilité, mais ce n’est plus dans un cadre négatif, car il est désormais parfaitement admis que tous expriment librement leurs sentiments de joie ou de tristesse. De même, la « féminité » des femmes n’est plus discutée, ni soumise à des stéréotypes. Par conséquent, un très grand nombre de tabous sexuels ont disparu, et les relations amoureuses et/ou sexuelles (les LGBT trouveront aussi leur compte) sont largement moins sources de pression mentale.

Les modes de vie et les comportements sont donc profondément modifiés, et le plus flagrant, c’est que personne n’est considéré comme un étranger : des gens qui ne se connaissent pas peuvent tout à fait discuter comme de vieux amis, que ce soit dans la rue ou dans le cadre d’un truc banal comme poster un colis. Si vous êtes asocial ou que vous n’aimez pas les contacts trop directs, ça a de quoi vous refroidir, et effectivement beaucoup d’Ecotopiens avouent souffrir d’un manque de solitude qu’ils compensent comme ils peuvent. Mais cela est contrebalancé par le fait que la compréhension mutuelle est une valeur-clé d’Ecotopia. Puisque chacun est libre de s’exprimer sur ce qu’il ressent, chacun fait naturellement l’effort de comprendre l’autre. Ce principe est valable partout, même dans les assemblées politiques, et ça j’avoue, ça fait rêver 😀 Il ne s’agit donc pas d’une vie en collectivité sans individualité, ce qui est plutôt rassurant.

Alors le livre n’est quand même pas exhaustif, et on peut soulever quelques petits points de réflexion après la lecture. Tout d’abord, il date de 1975, ce qui fait que des outils et inventions plus récentes n’ont pas pu être prises en compte. Un exemple tout bête : Internet ! Les Ecotopiens ne souffrent d’aucune forme de censure, mais l’utilisation d’Internet représente une source de pollution méconnue ! Ne serait-ce que pour produire l’équipement Internet, il y a déjà pas mal de facteurs néfastes pour l’environnement, et je ne vous parle même pas de la consommation effrayante d’eau pour refroidir les serveurs, ni de l’énergie consommée par l’utilisation en elle-même.

Autre petit point qu’on peut soulever : Ecotopia est dans un lieu idéal. Climat tempéré donc peu de chances de se retrouver avec des températures extrêmes, héritage technologique et économique important (ça n’aurait pas été la même chose dans un trou perdu d’Afrique), droits de l’homme déjà plus ou moins présents,… Pour le coup, étudier les possibilités d’une Ecotopia dans un autre endroit soulèverait des problèmes très différents et pas moins importants ! Enfin, mon dernier point : Ecotopia semble un lieu paradisiaque où l’air et l’eau sont très purs. Mais combien de temps avant que le réchauffement climatique et la pollution globale de la planète ne les rattrape ? Leur initiative est encore jeune, mais même si les problèmes sociétaux et les relations internationales parfois délicates sont résolus, cette question-là reste fondamentale. Aux yeux du reste du monde, ils restent une bande de doux dingues, et l’épilogue ne nous dit pas l’impact des articles de William Weston.

Bref, un livre qui m’a passionnée de A à Z, qui soulève plein d’idées, de réflexions et de pistes pour demain, tout en nous redonnant un peu d’espoir pour l’avenir. Certes nous avons dépassé le point de non-retour, mais la crise du covid nous a montré que nous pouvons encore avoir un impact en étant plus raisonnables dans notre mode de vie (sans nous reconfiner non plus attention). Après, est-ce que tout le monde saura le voir… vaste débat, c’est déjà pas gagné au niveau politique. Mais continuez, ne vous laissez pas abattre et semez des p’tites graines, elles finiront forcément par germer ❤

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  1. Pas mal de télétravail par chez moi, donc le temps de bouquiner mais surtout… on a acheté Phasmophobia donc des bons moments geek en perspective, en plus avec mon petit frère 😀 Sinon ce roman a l’air intéressant comme tout, même s’il se déroule dans une société idéale.

    • Ce n’est pas non plus une société parfaite, il y a quelques couacs qui rendent le tout plus réaliste justement qu’une vraie utopie ; et au moins ça a le mérite de présenter une autre façon de penser :3

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