Premières lignes… #138

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Ils se dispersèrent dans l’obscurité à peine entamée par la faible lueur des lampes à huile, vite engloutie par les profondes ténèbres qui régnaient dans la demeure.
Les cris perçants que poussaient les enfants dans leur fuite couvrirent le grondement de la tempête au-dehors. Dans le vaste hall, leurs chaussettes rendaient un son mou sur le dur sol de pierre.
Certains d’entre eux se précipitèrent vers les marches, passant à toute allure devant l’immense fenêtre qui, prenant pied sur le palier au tournant de l’escalier, s’élevait presque jusqu’au plafond. La pluie battait les carreaux, un vent violent en faisait trembler le châssis, des éclairs clignotaient au-dehors, projetant sur le sol de pierre des ombres plus sombres encore.
Les enfants cherchèrent refuge où ils le pouvaient, derrière les meubles, sous les tables, dans les placards, n’importe où pourvu qu’ils puissent se fondre dans l’ombre et être ainsi cachés tandis qu’ils priaient pour ne pas être trouvés. Là, dans leurs dérisoires sanctuaires, ils se retenaient de gémir, impuissants cependant à réprimer le claquement de leurs dents et le tremblement nerveux de leurs membres, car ils savaient qu’il finirait par les trouver, qu’il les traquerait un par un.
Des larmes silencieuses inondaient leurs joues, et il leur semblait que des doigts de glace broyaient leur jeune coeur.
Il allait les arracher à leurs cachettes, il allait les punir. Et cette fois, souffla une voix perfide et cruelle dans leur esprit, cette fois le châtiment serait pire que tout…
Ils l’entendirent approcher, bien qu’il ne portât pas de chaussures, parce qu’il faisait siffler quelque chose dans l’air froid et humide ; et chaque sifflement se terminait par un brusque et violent claquement, choc de la canne contre la chair nue. « Sss », puis « clac », canne contre chair, « sss », puis « clac », deux sons distincts se détachant nettement sur les grondements rageurs de la tempête qui, dehors, continuait de se déchaîner. Sss-clac ! Plus fort, sss-clac ! Plus fort, plus proche. Sss-clac ! Presque confondus en un seul son.
Ils se firent très, très petits…

"

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