Les Rougon-Macquart #5 : La faute de l’abbé Mouret

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Bien le bonjour mes p’tits loulous, j’espère que vous allez bien ! Mémoire terminé, rapport de stage dispensé, plus beaucoup de télétravail à l’horizon, on dirait bien que je suis en vacances officieuses 😀 Et surtout surtout, déménagement prévu le 30 mai, je vais ENFIN retourner chez mes parents à la campagne, dans ma chambre rien qu’à moi toute seule, et avec TOUS MES BOUQUINS !! Mes bébés qui m’ont tellement manqué 😥

Nouvelle chronique du dimanche ! Je continue dans ma lancée de la série des Rougon-Macquart de Emile Zola ^^ Je vous présente La Faute de l’abbé Mouret, écrit par notre célèbre monsieur en 1875. Il s’agit du cinquième tome de la série, même si techniquement on peut lire dans le désordre si on le souhaite. Si vous souhaitez lire mes chroniques des tomes précédents, voici la p’tite liste :

Ce tome est un peu particulier : d’habitude, Zola fait évoluer ses personnages au sein d’une société assez remplie, ou dans une ville, mais ici le protagoniste principal est assez isolé au fin fond de la cambrousse. Le roman va vraiment opposer deux conceptions de la vie, celle de la religion et celle de la nature. Une grande part du roman peut être vue comme une réécriture de la Genèse, mais après pas de panique : vous n’avez pas besoin d’avoir lu tout le pavé de la Bible pour comprendre le roman, et si vraiment vous voulez saisir les lignes entre les lignes, presque toutes les éditions de maintenant ont des notes de bas de page qui sont très bien faites, en tout cas ça vaut pour mon édition ^^ Par contre vous aurez ptet besoin d’un livre sur la botanique…

Résumé : Serge Mouret est le prêtre d’un pauvre village, quelque part sur les plateaux désolés et brûlés du Midi de la France. Barricadé dans sa petite église, muré dans les certitudes émerveillées de sa foi, assujetti avec ravissement au rituel de sa fonction et aux horaires maniaques que lui impose sa vieille servante, il vit plus en ermite qu’en prêtre. A la suite d’une maladie, suivie d’une amnésie, il découvre dans un grand parc, le Paradou, à la fois l’amour de la femme et la luxuriance du monde. Une seconde naissance, que suivra un nouvel exil loin du jardin d’Eden. Avec cette réécriture naturaliste de la Genèse, avec ce dialogue de l’ombre et du soleil, des forces de vie et des forces de mort, du végétal et du minéral, Zola écrit certainement l’un des livres les plus riches, stylistiquement et symboliquement, de sa série des Rougon-Macquart.

Mon avis : 

Vous savez quoi, je suis presque sûre que cette couverture est tirée d’une peinture de Monet ! Et à part vous dire que j’adore Monet, j’avoue ne pas avoir grand chose à dire dessus XD Illustrer un livre classique par un tableau classique, on va dire que c’est le choix de la sécurité ; il faut dire que la façon que Monet a de représenter la nature colle super bien avec l’idée qu’on se fait du jardin du Paradou en lisant Zola, même si je pense que la mise de la dame est trop sage pour le personnage d’Albine.

L’écriture de Zola est toujours aussi agréable, et ses descriptions du jardin du Paradou sont magnifiques. En fait, elles sont à la fois l’une des meilleures et l’une des moins bonnes choses du livre ^^’ Elles sont géniales parce qu’elles sont très détaillées et installent une vraie progression symbolique dans le livre, en suivant l’évolution psychologique des personnages, à tel point que le jardin du Paradou en est presque un personnage à part entière. Et pour moi qui adore la campagne et la nature de manière générale, j’adore quand Zola nous décrit le jardin comme un océan de verdure ❤ Mais ! Aussi agréable que soient ces descriptions, ça devient vite gênant à force d’accumuler les noms de fleurs et de plantes dont je n’ai absolument aucune idée d’à quoi ils ressemblent… Et pour vous dire, même les contemporains de Zola l’ont accusé de faire une encyclopédie botanique ^^’

Zola nous décrit un village de fin fond de cambrousse où les habitants sont très pragmatiques et au contact de la nature ; la religion n’étant pas trop leur fort, garçons et filles fricotent en toute liberté. D’ailleurs ce point m’a un peu déçue, les paysans sont décrits de façon assez sommaire par rapport à tout ce que j’ai pu voir des personnages de Zola au complet, ils sont rugueux ou bien ressemblent à une bande d’insupportables gamins. C’est dans ce petit hameau que Serge, le personnage principal, exerce en temps qu’abbé ; très concentré sur sa foi et sa dévotion à la Vierge, c’est le cadre idéal pour lui, ainsi que pour sa soeur Désirée qui est un peu simplette et se passionne pour l’élevage des animaux en tout genre. Tout tourne rond dans son existence, quoiqu’il se rende parfois malade à force de dévotion, jusqu’au jour où il se rend si malade que sa vie est en danger, et qu’il en ressort amnésique. C’est Albine qui le recueille et le soigne, au coeur du luxuriant jardin du Paradou. La maladie représente une véritable coupure dans le roman, et met en opposition la religion avec ses excès et ses interdits, et la nature avec la liberté de la vie et de l’amour. Honnêtement, j’ai beaucoup aimé le contraste et surtout l’évolution des personnages avec le couple formé par Serge et Albine.

Comme dans chacun des romans de la série, ce sont les personnages sur lesquels on se concentre, tout est pensé par rapport à eux et à leur psyché. Bien que Serge soit le personnage principal, c’est dur de ne pas adorer Albine dès le départ. Elle est douce, vive, intelligente, spontanée, en un mot adorable ! Serge de son côté est un personnage bienveillant, mais sa dévotion le pousse dans de tels extrêmes que ça en devient presque effrayant ; il devient plus attachant lorsqu’il tombe amoureux d’Albine. Je dois aussi vous parler du frère Archangias, un personnage secondaire mais tellement violent et haineux que vous aurez probablement envie de le voir mort (et bien sûr ça n’arrivera pas…) ; il est tout l’inverse de Serge car il représente une religion marquée par la punition et la rigueur. Enfin, Désirée et la Teuse, la gouvernante qui gère la maison de l’abbé, sont assez attachantes à leur manière, mais sans plus.

En conclusion, j’avoue que ce ne sera pas mon préféré de la série des Rougon Macquart : il a beaucoup de bons points, et j’ai eu beau adorer le cadre du Paradou et l’idylle de Serge et Albine, je crois que je préfère lire des romans où Zola montre davantage d’interactions entre plus de personnages.

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  1. Oh mais tu sais parler à mon cœur ! Je suis une très grande fan de cet auteur que je chérie depuis au moins 30 ans ! Je suis triste que cette histoire n’ait pas su te conquérir mais attends la suite, elle devrait te plaire, enfin je l’espère ! ❤

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