Premières lignes… #114

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Je me réveille sur le sol dans l’obscurité. Une faible lumière artificielle pénètre par la fenêtre, ce qui n’est pas logique puisqu’il n’y a pas de fenêtre dans la cave. Mais je ne serai pas en mesure de résoudre cette énigme tant que je n’aurai pas compris pourquoi je suis allongé sur le dos dans une flaque humide qui imprègne mes vêtements.
Ca, et les notes de Sammy Davis Jr qui chante Jingle Bells.
Quand je m’assieds, un objet tombe de mon ventre et roule sur le carrelage avec une plink mat et creux. C’est une bouteille. Dans la lueur blafarde, je la regarde continuer sa course à travers la pièce jusqu’au mur où elle s’arrête dans un clang. Une bouteille de vin vide. Et le mur n’est pas vraiment un mur, mais la partie inférieure de notre four Whirlpool.
Je suis dans la cuisine.
Sur l’écran lumineux intégré à l’appareil, l’horloge passe de 00h47 à 00h48.
J’ai la tête affreusement lourde. Je ne sais plus combien de bouteilles j’ai descendues, mais je me souviens avoir commencé à boire avant le déjeuner. Les raisons de cette cuite sont aussi évidentes que les chiffres inscrits sur l’horloge du four, sauf que je ne sais absolument pas ce qui a pu se passer au cours des douze dernières heures.
Ni pourquoi je me retrouve dans la cuisine.
Ni dans quoi je suis assis.
Une part de moi-même n’a pas envie d’en apprendre davantage. Une part de moi-même veut croire que ce n’est rien d’autre que du raisin fermenté. Que j’ai réussi, par un moyen détourné, à sortir de la cave à vin et à atteindre la cuisine où je me suis évanoui, répandant le contenu de ma bouteille par terre. Sauf que mes vêtements sont parfaitement secs sur le devant, seul mon dos est humide ; comme la bouteille reposait sur ma poitrine à mon réveil, je n’aurais pas pu renverser le vin sans tremper ma chemise.
Je pose la main dans la flaque gélatineuse et collante, puis je porte mes doigts à mon nez. Le liquide dégage une odeur sucrée. Il me semble à première vue que c’est du yaourt ou de la confiture de fraises, jusqu’à ce que je mette un doigt dans ma bouche.
C’est de la crème glacée à la fraise, celle de chez Baskin-Robbins. La marque préférée de mon père. Il en a toujours au moins deux pots en réserve dans le congélateur. Mais ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est ce qu’elle fait sur le sol. Quand je me retourne et me lève en chancelant, tout s’éclaire.

"

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