Le Club des Erudits Hallucinés

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! J’ai profité du weekend pour remanier un peu le blog : mise à jour de la page « Écrivaine » car ça faisait longtemps, et surtout mise à jour des catégories ! « Autre » a été supprimée au profit de nouvelles catégories moins vagues et plus intéressantes pour vous : Feel good, Classiques, Albums et contes, et Inclassables et intrigants 😉 J’ai aussi rajouté une catégorie pour rassembler tous les dessins de tarot ^^ Je vous laisse découvrir tout ça !

Nouvelle chronique littéraire du dimanche ! Et c’est un coup de coeur mes p’tits loups, ça c’est du steampunk comme je les adore ❤ Lu et dévoré dans le cadre de mon mémoire, je vous présente Le Club des Erudits Hallucinés de Marie-Lucie Bougon, publié en 2019. Précisons également, même si le roman se charge de vous mettre dans le bain en douceur, que le livre s’inspire de l’histoire de l’Eve future, un roman de 1886 d’Auguste de Villiers de l’Isle-Adam qui met en scène une femme automate. Si au XIXème siècle cette histoire était tragique et pouvait même faire frémir dans les chaumières, Marie-Lucie Bougon propose à la fois une nouvelle histoire et une suite des plus alléchantes, totalement différentes : je suis conquise à tous points de vue :3

Résumé : « Je commence aujourd’hui cet ouvrage, ou du moins sa première ébauche, consacré au sujet inédit et encore bien peu documenté qu’est la biomutation (le néologisme est de mon cru.) La biomutation désigne un phénomène déjà amplement constaté, mais encore jamais étudié de manière rigoureuse et scientifique : la capacité qu’ont les objets inertes, et ce tout spécialement quand ils atteignent un haut degré de sophistication à, pour le dire vulgairement, prendre vie. »
Brouillons du professeur Mirandol Brussière.
Quand la jeune Eugénia trouve refuge dans la maison du professeur Brussière, physicien en retraite dirigeant un petit cercle d’érudits, elle ne révèle pas immédiatement son extraordinaire nature : elle n’est pourtant autre que l’andréïde, la première femme artificielle, prodige d’une mystérieuse technologie décrite par Villiers de l’Isle-Adam dans L’Ève future. Avec l’aide du professeur et des membres du cénacle, un étudiant passionné, un dandy mélomane, un aventurier aguerri et une voyante excentrique, Eugénia part en quête des secrets de sa conception, car une question obsessionnelle occupe son esprit : une machine peut-elle posséder une âme ?

Mon avis : Coup de ❤ ! 

La couverture à elle seule me fait me pourlécher les babines, et je salue l’exploit d’un roman steampunk qui pour une fois ne passe pas par les inévitables images d’engrenages. Le style est sobre et classe, et chaque médaillon évoque les différents protagonistes qui vont évoluer avec notre andréïde : la diversité des objets montre qu’on va rester quand même dans une société assez aisée, ce qui est l’un des gros clichés du steampunk (mais rassurez-vous, ce n’est pas tout le temps le cas), mais d’un autre côté… de la classe, du luxe, de l’art, de l’aventure, de l’exploration des découvertes scientifiques… argh ❤ Comment résister ??

En guise de prologue, Marie-Lucie Bougon nous offre la nouvelle qui est à l’origine du roman, celle où la nature d’Eugénia est dévoilée au cercle d’érudits et amis du docteur Mirandol Brussière (et je précise que je suis totalement fan du prénom de ce monsieur, mais bizarrement mon copain ne veut pas en entendre parler pour d’éventuels futurs petits humains miniatures). De cette manière, on découvre un peu tous les personnages avant de les voir évoluer dans le récit du roman, et honnêtement, j’aurais du mal à dire lequel est mon préféré ! Eugénia pour commencer est si fascinante ! Par sa nature, son histoire, ses capacités, et le fait qu’elle ait son petit caractère. Après, j’avoue que dans le roman, elle est plus réservé et moins énergique, mais elle n’en est pas moins déterminée. Et tous les autres personnages sont originaux, excentriques, passionnants, chacun a son propre caractère et ses propres appréhensions !
Je crois que j’ai un petit faible pour Alcibiade, dandy excentrique et au sang-froid impeccable en toute circonstance, à la fois machiavélique et coeur d’or :3 Eusèbe a beau être adorable, Alcibiade remporte la palme dans mon coeur ^^ Le roman ne manque pas de femmes fortes non plus : Barberine la spirite est exubérante et attachante, Sidonie est franche et forte en gueule, mais je préfère encore plus Florence Cross, même si elle est un personnage secondaire : ça c’est une femme, une vraie, qui riposte au lieu de se laisser abattre, et qui est prête à repartir de zéro avec courage et confiance en elle ! Victor, aventurier et explorateur, retient mon attention pour deux choses : un trauma psychologique super intéressant… et sa disparition totale dans la deuxième partie du livre ! C’est en accord avec le caractère du personnage, totalement même, m’enfin… j’aurais bien aimé une petite confrontation finale :3

La plume de l’auteure est super agréable, soignée et de qualité, et j’ai beaucoup aimé le fait que le roman alterne entre chapitres narratifs, lettres, et même un ou deux petits extraits de journaux ! Mention spéciale pour ce qui, j’en suis sûre, est une référence à Frankenstein pour le réveil de l’andréïde dans le laboratoire 😛 L’histoire m’a passionnée, entre les rebondissements et les révélations sur le passé d’Eugénia, je n’ai pas vu les pages défiler. Le récit est très dynamique et l’enquête du groupe nous fait voyager dans plusieurs pays et jusqu’en Inde, tout en resserrant un peu plus l’étau sur le groupe avec une menace omniprésente. Le méchant de l’histoire m’a bien plu soit dit en passant, froid, pragmatique et mécanique, et grandiloquent bien sûr ^^ Science et spiritisme marchent de concert pour étudier Eugénia, et j’ai été passionnée par le principe de la biomutation.
Imaginez seulement si c’était vrai ! Ca m’a donné tout plein d’idées de dessin, ce mélange entre vie et mécanique, ce processus évolutif, c’est tout simplement génial ! C’est l’éveil de la machine comme un être totalement neuf, mais d’une façon graduelle et logique, bien que teintée d’un peu de spritisme, et c’est juste parfait, enfin bref 😀 Je manque de mots pour dire à quel point cette idée m’inspire ^^ Et je ne peux pas finir sans vous parler de la RSO, ou République Savante d’Outremer : une île neutre gérée par des scientifiques, où seule prime l’étude et la connaissance accessibles à tous, y compris aux femmes :3 C’est assez marrant parce que ce n’est pas seulement une enclave géographique, c’est aussi une enclave idéologique en plein XIXème siècle, et la façon dont la vie sur l’île est décrite me fait penser à un campus géant XD

Bref, ce roman est un énorme coup de coeur, les personnages sont le gros point fort, mais impossible de laisser de côté tout le reste : l’histoire, l’enquête, l’univers, tout ! Et en plus, j’ai pu interviewer l’auteure pour mon mémoire, c’est une vraie crème et elle a une culture impressionnante (en même temps elle est doctorante, je me sens toute petite à côté) ^^ N’hésitez pas à faire un tour sur son blog, La Luciole EcarlateLe Club des Erudits Hallucinés est à lire absolument, sans hésiter et sans tarder, disponible sur le site des Editions du Chat Noir ❤

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    • Je te conseille aussi la petite maison d’édition Oneiroi : elle se spécialise dans le steampunk ! Malheureusement, elle est ultra jeune avec seulement 3 livres au catalogue, autant te dire que le Covid n’aide pas… Je vais essayer d’acheter les livres pour soutenir, j’espère vraiment qu’elle va tenir le coup :3

  1. Pingback: Songe à la douceur | Coeur d'encre 595

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