Le collectionneur de collections

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Mes acouphènes vont bien, de temps en temps ils poussent un peu plus fort la chansonnette avec le stress du confinement, un grand moment de bonheur pour moi… Faut dire que je suis vraiment pas à l’aise avec le télétravail, y en a qui apprécient mais moi je n’aime pas du tout : j’ai besoin de pouvoir séparer lieu de travail et lieu de détente, sinon je suis incapable de me détendre et je ne travaille plus ><

Nouvelle chronique littéraire ! Que diriez-vous cette fois-ci d’un tout piti livre, un livre adorable de moins de 100 pages ? 😀 Figurez-vous qu’au premier semestre de mon master, j’avais un cours intitulé « Collectionneurs et collections » ; or on nous a demandé de faire une fiche de lecture sur un livre au choix, à condition qu’il soit dans le thème du cours. Ne sachant pas trop pas où commencer, j’ai tapé des mots-clés dans Babelio, et suis tombée sur ce livre au titre plus que parfait XD Et pour ne rien gâcher, il était très court, je vous jure que je n’ai même pas fait exprès pour le coup, mais vive le moindre effort ^^ Je vous présente donc Le collectionneur de collections de Henri Cueco, paru en 2005. C’est un récit en partie autobiographique, où l’auteur (qui est aussi peintre) nous raconte toutes ses collections farfelues, qu’il a accumulé au point de faire une collection de collections. Battez ça ! 😀

Résumé : « Je supporte mal qu’on jette, qu’on détruise. Si bien qu’en plus de nos trésors arrachés aux décharges ou chinés aux Puces, nous vivons parmi tous les objets dont je refuse de me défaire. Parfois je peins les objets que je collectionne, j’en fais de petits tableaux. »
Les « plaisirs majuscules » d’un collectionneur acharné qui collectionne tout ou presque : chaussures éculées, cailloux, ficelles, pommes de terre, noyaux, éponges, petits crayons, chats, femmes, etc.

Mon avis : 

La couverture vous donne une idée de ce que vous trouverez à l’intérieur : parce que oui, entre autres, Henri Cueco collectionne les bouts de crayon 😀 J’adore cette idée, je suis devenue immédiatement fan de cet homme en voyant jusqu’où il pouvait aller dans son délire, et sa vision absolument adorable des objets en apparence inutiles. Déjà dans sa peinture, Cueco accorde une grande attention aux petits détails que personne ne regarde, par exemple en reprenant des détails agrandis de tableaux célèbres qu’il décompose. Je vous conseille vraiment d’y jeter un oeil, c’est assez amusant à voir ^^ Et du coup, tout le livre est ponctué non pas de peintures mais de dessins au crayon qui représentent les objets qu’il collectionne : bouts de crayons, noyaux de cerises, pomme de terre bintje (spécifiquement), chaussures en tout genre,…

La plume de Cueco est vraiment très agréable à lire, c’est une plongée toute en douceur dans un univers un peu farfelu et en même temps plein de tendresse. L’auteur nous propose ainsi de jeter un autre regard sur des objets invisibles au quotidien, fonctionnels ou purement inutiles, qu’on ne songerait pas même à garder en temps normal. Et pourtant, ces objets s’imprègnent de nous, et nous nous imprégnons d’eux : on se rappelle toujours, allez savoir pourquoi, du moment où on a voulu jeter tel objet, de la façon dont on l’a utilisé… Et il y a toujours un moment, quand tu collectionnes quelque chose, où tu te demandes pourquoi tu le fais… surtout quand tu collectionnes des cailloux ordinaires XD

La pierre banale, le caillou des ponts et chaussées, le gravillon de ballast renvoient à la question fondamentale de leur existence de pierre, de toute existence. Comme il n’y a, de la part du caillou, aucune réponse claire ou énonçable, le collectionneur en vient à se poser la question pour lui-même. Il se pétrifie la cervelle à tenter de comprendre ce qu’il fait ici à contempler un caillou.

Cueco aborde avec dérision et sincérité toutes les petites questions et critiques implicites qu’on pourrait formuler, si bien qu’on ne peut pas s’empêcher à la fin du livre de jeter un regard autour de soi, et de se demander ce qu’on pourrait collectionner parmi tous les objets qui se trouvent sur notre bureau 😀 (bon bien sûr, ça ne dure pas longtemps, soyons honnêtes il faut de la surface pour ce genre de loisir)

« Ma grand-mère a cinq pendules », disait une fillette. « La mienne a deux pendules qui marchent », répliquait son voisin. « Mais celles de ma grand-mère ne marchent pas », insistait la fillette, démontrant, face à l’utilitarisme trivial, la puissance sociale de sa grand-mère qui possédait des objets inutiles.

Quelque part on peut se demander si collectionner tout ça n’aide pas aussi Cueco à combler un vide, une sorte de perpétuel questionnement existentiel qui ne trouve pas de réponse ; la seule façon de ne pas devenir fou devient alors le soucis du détail, l’amour de la toute petite chose que tout le monde a rejeté. Je trouve ça beau, tout simplement, cette capacité qu’il a à trouver l’exceptionnel et l’essentiel dans l’ordinaire. Quand il en parle, la collection est élevée non pas au rang d’art au sens élitiste du petit-doigt-levé-quand-je-prends-mon-thé, mais comme une leçon de vie, simple et à la portée d’absolument n’importe qui.

Cette fiche de lecture a été un vrai moment de détente, j’ai découvert un pur livre feel-good là où je l’attendais le moins, et rien que pour ça ce petit témoignage de collectionneur fou vaut le coup d’oeil ❤ Je vous le recommande vraiment !

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    • Tu as l’air d’avoir les mêmes goûts que moi, c’est trop bête qu’il y ait le confinement : si on était pas trop loin l’une de l’autre, je t’aurais tout de suite ouvert ma bibliothèque 😀

  1. Oh je trouve le concept de ce livre très sympathique ! J’avoue être totalement du genre à me rappeler mes souvenirs avec les objets et avoir du mal à les jeter haha, donc ça me parle bien… Peut-être pas au rang de collection mais bon x’D Si je croise la route du livre je pense que ça peut me tenter 🙂

  2. Je ne connaissais pas du tout mais ça me tente bien !
    Et je comprends totalement le côté télétravail… J’ai beaucoup de mal à me motiver à rendre mes dossiers et à travailler le capes sans être en réunion révisions avec mes amies de promo…

    • C’est pas tellement le côté réunion qui me manque, c’est surtout de ne pas pouvoir séparer la détente et le travail avec des lieux différents >< J'ai hâte de finir les études pour ne plus avoir de devoirs à la maison 😀

      • Oui je comprends… T’es au même endroit pour tout >.< ça a été le plus compliqué quand j'ai repris les études ça, de devoir me replonger dans le "tu rentres à la maison mais ta journée n'est pas terminée parce que tu as des devoirs" T.T

      • Et c’est là qu’on ressort le bon vieux slogan du collège : « Si l’école n’est pas un endroit pour dormir, la maison n’est un endroit pour travailler !! » (ou « Les cahiers au feu, les profs au milieu », dépendant de ton affection pour lesdits profs XD )

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