La forêt des araignées tristes

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien 🙂 Instant de solitude hier matin en allant faire les courses : j’avais fait mon deuil des pâtes (et effectivement le rayon était tristement vide), mais je ne m’étais pas préparée à tomber sur les ruines d’un champ de bataille au rayon farine. Les gens… me désespèrent. Est-il besoin de rappeler qu’il n’y a jamais eu de problème avec la production de la nourriture, et que les mesures servent juste à éviter que les hôpitaux et leur personnel n’implosent, parce qu’ils étaient déjà tendus avant l’épidémie ? On en a plein de la bouffe bande d’occidentaux pourris gâtés !! Alors du fond de mon coeur d’étudiante, pensez à ceux qui veulent ménager leur budget alimentaire et qui ne peuvent plus parce qu’il n’y a plus ni coquillettes ni spaghettis ni farfalles 😥

Nouvelle chronique littéraire, et première chronique du dimanche ! Je lance le format dont je vous ai parlé dimanche dernier. Un nouveau roman steampunk, déniché pour mon mémoire, fiché et dévoré comme il se doit ! Pour mémoire, si vous ne savez pas ce qu’est le steampunk, je vous invite à lire la page consacrée sur le blog 🙂 Je vous présente La Forêt des araignées tristes de Colin Heine, publié en 2019. D’après Babelio, c’est pour l’instant le seul livre de cet auteur. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en me lançant dedans, mais j’avais un bon a priori, parce qu’après tout, le steampunk ne peut être que génial 😀

Résumé : Bastien est paléontologue : sa spécialité ? Étudier les créatures étranges qui naissent de la vape, ce mystérieux brouillard aux propriétés énergétiques extraordinaires qui a recouvert le monde et menace de l’engloutir un peu plus chaque jour. Tour à tour victime d’un dramatique accident en apparence banal duquel il réchappe de justesse et témoin d’un attentat, où sa survie ne tient à nouveau qu’à un fil, il voit son destin basculer. Le voilà pris dans l’engrenage d’une affaire d’espionnage d’envergure internationale, sous les feux croisés d’une société secrète d’assassins, de brutes armées et d’une agence de détectives aux méthodes douteuses. Sans compter qu’une créature cauchemardesque, tout droit venue des Vaineterres, ces zones perdues dans un océan de vape, semble bien décidée à lui faire la peau…

Mon avis : 

La couverture est pleine de promesses : une jungle impitoyable, des épaves, des silhouettes humaines minuscules d’explorateurs au milieu des débris, et surtout une immense tête d’araignée menaçante qui émerge de derrière les arbres. La couleur verte domine et me plaît beaucoup, elle est à la fois apaisante et menaçante, le piège n’est pas loin de se refermer, telle la lueur rouge inquiétante des yeux de l’arachnide. Et dans les faits, j’ai bel et bien eu l’impression de m’être fait avoir.

L’écriture de Colin Heine n’est pas désagréable, en revanche sa façon de construire l’intrigue m’a posé problème. Pourtant, on partait avec un univers super intéressant ! Une brume mystérieuse qui recouvre le monde suite à la course à l’industrie des hommes, des expéditions dangereuses pour explorer la forêt vierge, des villes bâties sur des piliers et où on se déplace grâce à des gargouilles de pierre en guise de montures, qui n’aurait pas sauté là-dessus ? Les descriptions en mettent plein les mirettes, entre expériences, explorations d’une nature inconnue et dangereuse, exposition universelle, et le contexte est au rendez-vous pour pimenter le tout : une guerre sur le point d’exploser, des révolutions, des politiciens qui s’allient avec de grands pontes pour tirer leur épingle du jeu… Il y avait beaucoup à faire et à voir, Colin Heine a une imagination très fertile.

Seulement, j’ai l’impression que beaucoup de choses ont été laissées hors jeu ou mal exploitées. Déjà, l’intrigue est très floue. C’est poussif, on se demande régulièrement où on en est. Tout semble tourner autour d’une nouvelle arme technologique, puis chimique, mais la fin n’apporte aucune conclusion. Pour vous donner deux exemples qui m’ont assez frustrée, je vous citerai d’abord le cas « Mais pourquoi est-il si méchant ? » : cas classique du héros qui trouve une preuve compromettante, et souhaite confronter celui que la preuve incrimine. Normal me direz-vous. Mais de là à apporter la preuve au monsieur pour qu’il s’explique, et à s’étonner que ledit monsieur refuse de rendre la preuve… La ficelle est bien trop grosse, même venant d’un personnage naturellement naïf et confiant. Et le cas « Capital sympathie de la révolutionnaire » : accueillons en plein milieu du récit une réfugiée germanique aux idées communistes, peu importe que son arrivée ne change strictement rien à l’intrigue. C’est littéralement ça pour moi, je ne vois pas ce qu’apporte Angela, à part une touche féminine. La révolution évoquée donne une toile de fonds de conflits sociaux, mais sans plus.

Le pire restant toute l’intrigue autour de l’araignée. Je suis perplexe. Je veux dire… Au départ je croyais que cette araignée émergeait comme par magie de la brume, et qu’elle avait un lien avec la blessure que Bastien s’était faite. Ces deux points se sont vérifiés, confirmés, et emberlificotés. Après quant à savoir d’où sortait cette espèce de brume hallucinogène qui semblait capable de vous plonger en pleine forêt alors même que vous étiez en ville, je suppose que c’était à cause des machines, le lien est fait dans le prologue. Seulement, plus le récit avançait, plus cette araignée apparaissait comme une sorte de deus ex machina. Le plus incompréhensible restant la scène finale… Même en admettant qu’il y a des choses au-delà de la compréhension humaine, et que le récit en joue, là je trouve que c’est un peu trop ouvert…

Pourtant, les personnages avaient vraiment de quoi apporter de la pêche au récit, et ce sont eux qui font que le roman n’est pas totalement décevant. Passons rapidement sur Bastien qui est… désespérant. Les héros gentils c’est sympa, mais les héros naïfs comme ce que je vous ai raconté plus haut, c’est à lever les yeux au ciel. Agathe est une figure cliché, mais qui marche bien, celle de la gouvernante bourrue, limite agressive, mais qui a grand coeur au fond. J’aime bien ce genre de personnage, surtout quand on la voit sortir de ses gonds et montrer qu’elle peut réellement être dangereuse. Ernest l’explorateur est très intéressant, une figure un peu cow-boy qui donne de la pêche au récit. Anatole apporte un élément plus inquiétant, c’est un méchant tout à fait potable et même alléchant, j’ai adoré ses passages ^^ Angela… ben… elle est là. Son rôle est passif dès le départ, ça aurait pu donner quelque chose d’intéressant par la suite, mais elle est restée passive de A à Z.

Bref, une lecture qui m’a clairement laissée sur ma faim, je ressors assez déçue. Il y avait vraiment de très bons points (l’univers mis en place et les personnages), mais aussi des choses plus gênantes. Dommage :/ Je ne peux que souhaiter que l’auteur s’en sortira mieux dans son prochain roman, j’ai quand même envie de relire sa plume 🙂

[EDIT] : j’ai découvert après coup cet interview de l’auteur, qui explique un peu le projet derrière son livre. On voit qu’il a beaucoup hésité et que le livre lui a demandé beaucoup de travail ; d’après ActuSF, il prévoit un nouveau livre pour 2020, dans le même univers. J’ai envie de lui donner sa chance ^^

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  1. Pingback: La Forêt des araignées tristes, de Colin Heine – Les Chroniques du Chroniqueur

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