Les Rougon-Macquart #4 : La Conquête de Plassans

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Salutations bande de gens, j’espère que vous allez bien ! J’ai commencé mon stage à la Maison de l’Orient et de la Méditerranée de Lyon, tout s’y passe bien pour l’instant 😛 Dès mon deuxième jour, j’ai eu droit à une pépite : en déblayant les livres donnés par un chercheur, l’un semblait avoir quelque chose dans sa couverture. Je tombe sur plusieurs CD. Je me dis qu’ils doivent venir d’un autre livre… et en fait ce sont des pornos allemands spécial grosses poitrines XD Ah, ces chercheurs…

Nouvelle chronique littéraire ! Je reprends après une sacrée pause la lecture de la série des Rougon-Macquart d’Emile Zola, il faut dire que certains tomes sont plus durs que d’autres à trouver en brocante ^^’ J’ai cherché et puis j’en ai eu marre, alors je suis passée chercher le tome 4 en librairie ! Nous voilà enfin partis pour La Conquête de Plassans, quatrième volet de la série monumentale de Zola, publié pour la première fois en 1874. On retrouve la petite ville de Plassans, bastion d’origine de la famille Rougon-Macquart qui y règne désormais en maître. En trame de fond, nous avons les intrigues politiques, entre république, bonapartisme, légitimisme et compagnie. Mais au centre de l’action, il y a surtout la dénonciation de Zola, contre une Eglise qui prend outrageusement part à cette lutte profane. Nous découvrons peu de nouveaux membres de la famille dans ce tome, mais on approfondit leur histoire et surtout celle de leurs tares familiales… Autant les tomes précédents pouvaient très facilement se lire indépendamment des autres, autant je pense que celui-ci s’apprécie mieux en ayant lu le premier tome, La Fortune des Rougon. Je vous laisse donc le lien vers les précédentes chroniques, j’espère que ça vous donnera envie ^^

Résumé : « Dormez sur vos deux oreilles, disait Flaubert à Zola inquiet, c’est une œuvre, votre bouquin, fort, très fort, râblé, bien portant. » Il s’agissait de ce quatrième volet des Rougon-Macquart, histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire. C’est la conquête d’une ville légitimiste, en réalité Aix, la ville natale de Zola, par un prêtre bonapartiste qui subjugue les femmes, la belle société, la jeunesse et le clergé. Au milieu des intrigues mesquines ou cocasses des « honnêtes gens », ce prêtre ambitieux et sans scrupule, véritable Satan, va conduire les héros, dans un déchaînement de violence, à la folie et à la mort.

Mon avis : 

Je ne saurais dire si la couverture est fidèle ou non à l’idée que je me fais de l’abbé Faujas. D’un côté, le roman nous le décrit comme un homme à la silhouette certes maigre mais imposante, un homme qui fait presque peur à voir, et ce n’est pas vraiment le cas du vieux monsieur courbé qu’on voit ici ! Mais c’est aussi comme ça que l’abbé se présente au début du livre, comme un vieux un peu bizarre qui rase les murs dans sa soutane noire. Quelque chose me dit que si l’abbé de la couverture grimpe encore quelques échelons, et arrive tout en haut de cet escalier social qu’est Plassans, il se redressera de toute sa stature pour juger de son triomphe. Et c’est là que la couverture illustre bien l’histoire, c’est la montée de l’abbé jusqu’au sommet.

L’écriture de Zola est toujours aussi agréable, et il n’y avait absolument rien de barbant pour moi, j’avais hâte de découvrir la suite ! Ce qui était un peu dur à suivre en revanche, c’était les différents partis politiques et les sensibilités des différents personnages ; honnêtement, je pense qu’il faut avoir une petite idée du contexte des années 1850 pour ne pas être trop perdu entre légitimistes (ceux qui veulent rétablir la royauté), orléanistes (ceux qui veulent rétablir la branche Orléans de la royauté), bonapartistes (fan de Napoléon), et républicains. Moi ça va parce que j’ai de bons restes de mes cours d’histoire en prépa, mais j’imagine que quelqu’un qui lit le roman brut de décoffrage aura un peu de mal à comprendre pourquoi tout ce beau monde se tire dans les pattes. Et pour compliquer un peu tout ça, on nous balance pêle-mêle les acteurs clés de la politique de Plassans, un peu après le début de l’histoire : ils vous sont présentés, mais malheureusement ils sont assez nombreux, et du coup j’avais un peu peur de devoir prendre des notes ! Après, très très honnêtement… j’ai même pas cherché à les retenir en particulier XD De toute façon, il n’y en a qu’un ou deux qu’on verra de façon vraiment récurrente, et on peut ignorer les autres sans grand problème de compréhension 🙂

Fort heureusement pour nous, l’action ne se concentre pas sur ces ennuyeux personnages, je tenais simplement à évacuer un des défauts du livre. Nous suivons surtout le personnage de Marthe et de sa famille, en particulier son mari Mouret. Deux locataires vont emménager chez eux et troubler leur routine familiale, l’abbé Faujas et sa mère. Peu à peu, tel une araignée, l’abbé Faujas étend sa toile l’air de rien, assisté par la famille Rougon ; prétendant jouer le jeu de la religion, il s’attire d’abord le parti des dévotes, puis celui de la jeunesse, jusqu’à finalement gagner les faveurs de tous et concilier les partis politiques pour aller dans sa direction. Mais pour cela, il lui faut d’abord avoir les coudées franches là où il réside, et c’est la famille Mouret qui en fera les frais, Marthe en particulier : subjuguée par l’abbé, elle tombe dans un engrenage de folie religieuse, alimentée par la folie héréditaire de sa famille : n’oublions pas que Zola veut avec cette série montrer comment les tares mentales se diffusent dans une famille. Et s’il y a une chose que j’adore, c’est quand des personnages sombrent doucement dans la folie, quand il y a une machination machiavélique à l’oeuvre 😀 Et la cerise sur le pompon, ce sont les habitants de Plassans, ces petits bourgeois bien pensants dont Mouret fait partie, hypocrites et calés dans leurs petites pantoufles : ce sont des archétypes, mais j’ai du mal à m’en lasser ! Ce sont ces personnes énervantes, qui vous prouvent que quoi que vous fassiez, leur monde continuera de tourner sans changer d’un poil. Machiavélique 😛

Pas besoin de chercher midi à quatorze heures pour voir que Zola dénonce une Eglise manipulatrice, qui joue le jeu des politiques pour mieux s’imposer à son tour, et déclenche un fanatisme calculé. Le livre est assez court, et finalement assez sympa à lire. Une fois qu’on a laissé de côté le politique, on peut vraiment profiter de tout le reste de l’intrigue, et elle est bien plus prenante qu’on ne le pense au premier abord ^^ Une lecture à tenter donc, peut-être pas pour commencer Zola, mais il faut surtout accepter de se laisser emporter par les mots 🙂

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