Mil cent onze

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Oui, cette intro est enfin rédigée après 4 jours, il faut dire que pendant la semaine de Noël je n’ai pas touché une seule fois à mon ordinateur, vive la programmation automatique des articles ^^ J’espère que vous avez passé de super fêtes ❤

Nouvelle chronique littéraire ! Une nouvelle fois, c’est un livre que ma p’tite Maman m’a offert il y a maintenant un moment. J’avoue que j’avais du mal avec la couverture un peu austère (et maintenant que j’ai lu le livre, je comprends encore moins la fascination des personnages pour cette statue), et il m’a fallu un moment pour me décider à le lire. Mais au final, je n’ai pas regretté, et par moment il m’a rappelé un livre dont je vous avais déjà parlé, Les Aventures de Jean Jambecreuse (et j’avais même interviewé l’auteur pour un devoir). Mil Cent Onze est un roman écrit par André Cabaret ; c’est une histoire médiévale jusque dans sa forme, puisque pour se démarquer des autres récits, Cabaret a choisi la solution de difficulté : retrouver le vocabulaire du XIIème siècle !

Résumé : Oyez, braves gens, la fameuse aventure d’Eudes, simple moine devenu prophète, et de Marguerite, nonne sainte et guérisseuse, des nobles et des gueux qui les suivirent et de ce qu’il advint en la bonne ville de Laonnes en cet an de grâce mil cent onze. Laissez-vous entraîner parmi les multiples compagnons d’un couple surprenant à travers la France médiévale, en quête d’amour et d’absolu. Cette fresque réjouissante, tour à tour drôle et profonde, nous dépeint une humanité sans cesse ballottée entre la grâce et le péché, qui n’a pas pris une ride.
André Cabaret réussit la prouesse de nous emmener par la langue dans un Moyen-Age mystique, paillard, pittoresque, dépaysant, violent, et pourtant poétique.

Mon avis : 

La couverture est… austère. J’ai pas mieux honnêtement, et je ne suis pas assez connaisseuse de l’art médiéval pour déclarer que la statue sur cette photo est belle. A première vue, le livre ne donne pas forcément envie, et c’est bien dommage parce que ne serait-ce que pour le travail de vocabulaire accompli, ça méritait une couverture plus attirante.

Pour ceux qui se doutent un peu que le vieux français est très différent du français actuel, vous avez dû vous dire qu’écrire un roman en français médiéval rendrait quelque chose d’illisible : pas de panique, l’auteur a pris la peine de faire le tri pour ne garder que les mots qui seraient immédiatement compréhensibles. Et je peux confirmer que le but a été atteint : je n’ai eu absolument aucun soucis à la lecture pour comprendre, et je n’ai pas eu besoin de m’attarder sur un mot pour le décrypter. En revanche, je me suis attardée pour mieux savourer les mots, ils donnent un petit côté truculent au récit que j’ai vraiment aimé ! Et encore, je ne vous parle même pas de l’histoire ou des personnages. Je n’imagine pas la somme de travail que cela a dû représenter, ç’a vraiment dû être un travail de titan de retrouver les mots et leur(s) signification(s) exacte(s) ; on se rend aussi compte à quel point la langue française a pu évoluer. Le récit reste fluide malgré tout, et ce vocabulaire particulier contribue à vous immerger totalement dans une atmosphère médiévale ^^

L’histoire est particulière, on aborde énormément de choses sur la société médiévale : les villes, les villages, les monastères, les pèlerinages, les hommes et les femmes,… De ce que je me souviens de mes études d’histoire médiévale, je n’ai pas eu l’impression de voir des anachronismes ou des erreurs ; l’auteur a d’ailleurs choisi un moment très précis de l’histoire médiévale, la naissance des communes et des chartes de franchises qui ont permis aux bourgeois des villes de s’émanciper. Le sujet est super intéressant, au moins autant que le XIIème siècle est une période phare du Moyen Age : ce n’est pas pour rien que les historiens parlent de renaissance pour cette époque, entre les savoirs, la société, la religion et l’évolution du royaume français. C’est donc une très grande fresque, très bien documentée et pas du tout rébarbative : on suit le périple d’Eudes et Hugues, qui se rencontrent et sont ensuite rejoints par Marguerite, pour une nouvelle croisade populaire, mystique et surtout humaine. On croise beaucoup de belles choses, mais aussi le fanatisme, et quelques scènes choquantes, qui rappellent bien à quel point les récits du Moyen Age aiment le spectaculaire, quitte à enjoliver et à en faire des caisses pour bien appuyer le point de vue.

Ces trois personnages principaux sont à part, ils se distinguent du reste du peuple. Marguerite a l’étoffe d’une véritable sainte, mais le personnage est finalement peu présent par rapport à Hugues et Eudes : elle est attachante, mais un peu cliché. Eudes est beaucoup plus intéressant : du jeune moine qui n’avait jamais découvert le monde au prophète charismatique, son histoire est aussi dérangeante que captivante. Je me suis attachée à lui dès le début, mais un peu moins sur la fin, quand on se demande s’il tient du fou ou du divin. Hugues est finalement le personnage que je préfère, car il est bien plus humain que les deux premiers (tant au sens matériel que spirituel), et il a ce côté sombre et renfermé que j’aime beaucoup chez les personnages romanesques. Il n’est pas comme Marguerite, qui est clairement posée sur un piédestal, ou Eudes, bien trop perché pour moi au final, il montre de la colère, du chagrin, de l’amour et de la joie. Certains diraient qu’il est le cliché du chevalier servant, mais après tout pourquoi pas si c’est bien fait ? Enfin, un petit mot pour Ogier, qui apporte un regard éclairé sur les choses, et dont le point de vue apporte un brin de fraîcheur ; ça m’a presque semblé anachronique tellement ses réflexions sont aussi des préoccupations contemporaines, mais l’auteur a su le tourner de la bonne manière en nous rappelant qu’il est un goliard et un ménestrel : quoi de plus naturel alors pour lui de chanter la liberté et la nature humaine ?

Bref, un livre assez imposant, voire flippant pour certains, mais qui en vrai se lit en deux coups de cuillère à pot ; du moins c’était mon impression, je l’ai à peine lâché ! C’est bien documenté et bien romancé, bref je recommande 🙂

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