Premières lignes… #92

Par défaut

Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Les foules, ici et là, les foules baignant dans leur sueur, dans leur salive, dans leur sang, dans leurs fluides, les rues de Paris. Les hurlements, les chants, les cris, la rage, la fascination, les hordes galvanisées battant le pavé, foulant au pied les héros d’hier, célébrant les exécutions, le feu, célébrant la lame de la guillotine, répandant partout le fiel sacré de la Terreur. Ainsi survivait la République, armée par la faux de la Mort.
Au sommet de cette hiérarchie de la liberté, deux personnalités fortes s’affrontaient, Robespierre et Danton. Deux êtres éloignés des foules dont les noms résonnaient au travers de toute la France comme des imprécations, des étoiles auxquelles tout un chacun cherchait à se rallier, dont la colère ou la compassion pouvait terrasser d’un mot ou rendre immortel. Entre leurs jeux de pouvoir se trouvait la Convention, au pouvoir depuis 1792. Le roi se trouvait raccourci d’une tête. Louis XVI enfin mort, la République était née. Son premier cri fut « La patrie en danger ». Un cri qui fut entendu par-delà les frontières de la rationalité.
Les Alchimistes sortirent de l’ombre. Des méandres alambiqués de la politique, des tréfonds de ces légendes urbaines dont on ne fait que murmurer les échos dans un souffle, les praticiens du noble art surgirent. Ils fendirent l’incrédulité du peuple et la peur du clergé, puis offrirent d’incroyables merveilles pour aider la jeune République à jeter l’effroi sur ses ennemis. Le tout premier de ces cadeaux fut les Cauchemars. Des créatures nimbées de rumeurs noires, dont la réputation seule devait semer le trouble dans le coeur des Prussiens avant même de paraître sur les champs de bataille. L’Eglise Catholique, déjà malmenée par les coups du Temple de la Raison, se fissura profondément lorsqu’à la suite des Alchimistes et de leurs miracles bien visibles, toutes sortes de prédicateurs, de rebouteux, de sorciers, ou d’autres créatures indicibles s’insinuèrent peu à peu de jour comme de nuit sur les pas de portes et à la frontière des ombres. L’absence de lumière jusqu’ici silencieuse, soudain, se mit à vrombir.
Surgissant de la bouche des conteurs, certaines des plus anciennes peurs des hommes prirent corps aux franges de la lumière du jour et de sa société. Le monde changea fort peu. Mais il changea.

 

"

  1. Pingback: Premières lignes #190 – Ma Lecturothèque

  2. Pingback: Premières lignes #191 – Ma Lecturothèque

  3. Pingback: Premières lignes #1 – L'univers de poupette

  4. Pingback: Premières lignes #2 – L'univers de poupette

  5. Pingback: Premières lignes #3 – L'univers de poupette

  6. Pingback: Premières lignes #4 – L'univers de poupette

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s