Un peu de poésie sans fin : La paresse inspirée

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Avant de commencer cet article, je fais de nouveau appel à vous pour un petit coup de pouce : je fais un mémoire de master sur les romans steampunk, et je fais passer un sondage pour voir ce qu’en pensent les gens. Même si vous ne connaissez pas le mot « steampunk », vous pouvez répondre 🙂 Et surtout, n’hésitez pas à partager le lien du sondage ! 

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSce0IC1Z_DOgkYFuK2rD2AbBC5dJu8Gkj5k5CniDo0GXxAS-Q/viewform?usp=sf_link

Salutations à tous bande de petits êtres fantabuleux, je vous propose un nouvel article de poésie ! J’ai cherché un p’tit peu, et j’ai fini par trouver une nouvelle perle sur le site de Poetica ^^ Je ne vais pas vous mentir, c’est ma source principale en ce moment : je ne saurais tout simplement pas où chercher sinon ! J’ai bien des livres de poésie dans mes étagères, mais au bout d’un moment, j’ai envie de découvrir de nouveaux auteurs. Peut-être qu’une prochaine fois, on reviendra un peu sur mes favoris comme Laforgue ou Baudelaire 😛

Pour cette fois-ci cependant, nous avons rendez-vous avec Chloé Douglas : née en 1960 à Londres, ses parents font partie d’une troupe de théâtre. Elle se découvre une passion pour l’écriture et le chant dès l’adolescence, mais sans délaisser pour autant la danse ; elle participe même à la création de films ! Elle a donc plusieurs cordes à son arc, et est actuellement professeur de danse en Ecosse (je suppose que c’est de la danse puisque la seule info que j’ai sur ce sujet, c’est qu’elle a eu une maîtrise en danse et chorégraphie). Le poème que je vous propose d’elle est intitulé « La paresse inspirée », il date de 2010 mais n’est tiré d’aucun recueil.

Une jeune fille nonchalante
rêve au bout d’un chemin.
Son visage de soie caresse le vent.

Sans raison, ni idée
elle frôle l’impitoyable haie.
Son doigt piqué d’un profond rouge,
elle reste immobile sans alarme, ni amertume.

Elle est hypnotisée par l’incroyable lumière,
qui pénètre les érables avec toute sa vitalité.
Comme une héroïne d’un conte lointain,
elle commune avec la nature,
elle chante sans fin.

Capturée dans la chaleur
rien ne va briser ce songe d’été.
Et voilà qu’arrive un changement,
un chevalier sur son étalon blanc
emporte sa muse à l’idée suivante.

La Muse est un thème récurrent chez les poètes, j’ai tendance à trouver ça un peu répétitif, mais ici je trouve que le poème a un petit quelque chose de différent. Il me plaît beaucoup en fait ! Déjà la première strophe : j’aime beaucoup l’idée que ce ne soit pas le vent qui caresse mais la jeune fille, comme si elle était encore plus légère que l’air. Elle est en totale communion avec la nature qui l’entoure, au point que le fait de se blesser le doigt ne la gêne pas plus que ça. Les images convoquées dans le poème sont simples mais belles et percutantes à la fois : la nature, la lumière, l’exotisme aussi avec le « conte lointain », et finalement le chant éternel. Elle a quelque chose de très simple et en même temps immémorial, un peu comme le Petit Peuple anglais : très ancien, amoral et qui agit selon son bon plaisir tout en maintenant une sorte de symbiose avec la nature qui l’entoure. Le fait qu’elle soit au bout du chemin me fait me demander si ce n’est pas elle qui trace le chemin avec son chant, comme si elle symbolisait l’inspiration sans cesse renouvelée. Et finalement la chute avec le cavalier (le poète) qui l’emporte : j’aime beaucoup ce que cette dernière idée suggère, à savoir que ce n’est pas la Muse qui dicte les paroles du poète, mais le poète qui impose son sujet à sa Muse. Je ne sais pas trop comment on pourrait l’interpréter, mais j’ai une théorie : le poète est humain et mortel, il n’a pas l’immortalité de la Muse pour accomplir son oeuvre, et c’est pourquoi il cherche à l’entraîner plus avant. Mais dans ce cas, cette précipitation serait la cause d’un éventuel manque d’inspiration ou d’une page blanche, le temps que la Muse puisse reprendre son chant.

Pour accompagner le poème, j’ai trouvé ce tableau de Joshua Smith, intitulé The Muse. J’aime beaucoup son style, et je vous encourage à aller voir ses autres oeuvres, je les trouve vraiment très belles :3 J’ai beaucoup hésité, mais finalement j’ai voulu le garder pour ce poème, parce que comme Chloé Douglas, Joshua Smith propose une autre version de la Muse : elle n’est plus une jeune fille, mais un oiseau. Ceci dit, dans le poème aussi j’avais l’impression que la Muse avait quelque chose d’aérien, comme si c’était une fée ailée plutôt qu’une jeune fille. De là à dire que c’est un oiseau, pourquoi pas ? Un oiseau très spécial qui ne chanterait que pour le poète. Le jeu des couleurs est magnifique, je crois que c’est ce qui me plaît le plus avec la composition du sujet ! J’ai la même sensation avec les deux oeuvres, j’ai envie de me laisser porter par les images et les mots ❤

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  1. Merci, pour ces deux belles découvertes. Le poème est très beau, sans rien d’extraordinaire, si ce n’est celle de l’authenticité de l’auteur. La transparence et la légèreté de son âme, qui filtre et arrive jusqu’au lecteur… comme le vol d’un oiseau. L’image en effet convient bien. Quant au peintre, quelle palette merveilleuse, pleine de joie, et de dynamisme. Un vrai régal à regarder.
    PS
    Dans la troisième strophe, n’y a-t-il pas une coquille ? « Elle commune / communie avec la nature ? »

    • Je suis vraiment contente que le poème et le tableau te plaisent ^^
      Et pour la troisième strophe je ne sais pas, effectivement « communie » me semble plus juste, mais dans toutes les sources que j’ai cherché, c’est bien « commune » qui est écrit :/

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