Roman gothique #6 : Les Capucins ou le secret du cabinet noir

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Bien le bonjour bande de gens ! Je prépare pour la soutenance avec plus ou moins de bonheur et d’aisance, et je me détends avec Zelda Breath of the Wild, et vous ? J’ai hâte que tout soit terminé, c’est tellement bizarre de ne plus avoir rien d’autre à faire quand toute l’année s’est passée à travailler sur les chapeaux de roues !

Nouvelle chronique littéraire ! Et une nouvelle fois, je vous propose un bon vieux roman gothique féminin du début du XIXème siècle, il faut bien que je m’habitue à parler de ce sujet pour la soutenance de mon mémoire en juillet ^^ Et en plus, il y a plein d’autrices de l’époque qui sont passées à la trappe, complètement oubliées, et je trouve ça bien dommage. Alors pour cette fois, je vous propose Les Capucins ou le secret du cabinet noir d’Elisabeth Brossin de Méré née Guénard, publié en 1801. On ne connaît presque rien de la vie de l’auteure, sinon qu’elle a écrit beaucoup, beaucoup de romans de tous les styles, y compris le style érotique (mais elle utilisait un pseudo pour ceux-là). J’avais un énorme doute sur le fait que celui-ci puisse être qualifié de roman gothique, on dirait surtout une histoire érotico-comique ; mais là où c’est intéressant, c’est que le roman reprend quand même des éléments gothiques, et le mélange est plutôt savoureux 😛 Si vous souhaitez le lire, je vous mets ici les liens pour le tome 1 et le tome 2 sur Gallica (c’est le seul endroit où j’ai pu lire et télécharger le roman).

Résumé : Deux soeurs discutent de la débauche de certains ordres religieux, et l’une en vieux à raconter l’histoire de la jeune Joséphine et du père Durolet. Joséphine est une jeune fille sotte que sa mère ne juge pas utile d’éduquer ; elle se laisse séduire sans résister par le père Durolet, qui la trompe pour mieux l’attirer dans un sombre appartement où elle devient sa maîtresse. Déshonorée, la jeune fille préfère fuir sa mère et sa bienfaitrice pour échapper au couvent, et accepte de suivre un nouveau séducteur. Sa beauté fait l’objet de nombreuses convoitises, mais sa stupidité l’empêche de voir à quel point sa situation est précaire. Il faut la marier de toute urgence, ce à quoi s’emploie Durolet dès qu’il la retrouve. Mais Joséphine n’a pas oublié son premier amant, et Durolet a toujours en mémoire les charmes de sa jolie maîtresse…

Mon avis : 

A défaut de la couverture, j’ai préféré vous mettre ici une illustration que j’ai trouvé dans l’édition de 1815 du livre : on peut y voir Joséphine qui, lors de son premier rendez-vous avec le père Durolet, se fait brutalement entraîner dans le cabinet noir. Déjà, l’illustration suffit à mettre la puce à l’oreille quant à l’aspect gothique du roman ; il y a une deuxième gravure dans le livre qui montre un affrontement entre deux capucins, où l’un menace le second avec un pistolet. Comme choix d’illustration, c’est assez particulier : pourquoi pas une scène érotique si c’est vraiment l’unique style du roman ? Je ne peux pas vous raconter tous les éléments gothiques du roman parce que ce serait un spoil violent de la fin, mais sachez que ça vaut le coup d’oeil !

C’est sûr qu’au début, on s’attend surtout à une sorte de comédie comme on pourrait en voir au théâtre, avec un joli lot de quiproquos qu’on pourrait très bien retrouver dans un comédie de Molière… quoique ça soit un poil plus grivois que le style de Molière. La stupidité de Joséphine l’amène à mal comprendre ou mal interpréter beaucoup de chose, et on se moque souvent à ses dépends. Les intrigues amoureuses sont parsemées d’amants et de maris cocufiés, et ça a son petit charme, on peut lire le roman sans trop se prendre la tête ^^ Mais le style tend à évoluer au fil du roman, et surtout à mesure que le personnage de Joséphine évolue : on finit par dépasser le comique pour rentrer dans une histoire finalement assez sérieuse et dramatique. Notez d’ailleurs qu’on a même droit à une petite « entracte » dans le roman, avec une petite histoire de romance toujours racontée par les deux soeurs ; moins rocambolesque ceci dit, mais après tout pourquoi pas ?

Le roman a pas mal de personnages grotesques ou calculateurs, mais Joséphine reste de loin la plus intéressante : c’est sûr qu’au début et pendant un bon moment, elle est surtout jeune et complètement idiote. Mais on s’aperçoit vite que la faute revient à sa mère qui la tient pour une incapable et refuse de lui donner une bonne éducation ; lorsque Joséphine reçoit effectivement une éducation, le changement est flagrant ! Ne serait-ce que par son orthographe qui au début était… disons que « catastrophique » est un doux euphémisme. Mais surtout, on voit qu’elle a acquis de la réflexion, elle élabore ses propres stratagèmes, et elle développe un bon esprit critique.

Bref, moi qui ne m’attendais pas à grand chose, et qui pensait lire un livre pas ultra qualitatif au sujet d’une histoire digne d’une farce de rue, je suis tombée sur quelque chose de plus intéressant que je n’aurais cru à première vue ! Ca détend et ça peut être l’occasion de lire en posant son cerveau à côté ^^

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