Premières lignes… #54

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

La lune planait au-dessus de Dros Delnoch telle la lame d’une faux. Pellin observait tranquillement le camp nadir en contrebas, éclairé par les rayons de l’astre. Des milliers de guerriers étaient amassés. Demain, ils se lanceraient en hurlant sur la petite portion de terre ensanglantée qui les séparait du mur, munis de leurs échelles et de leurs grappins. Leurs cris de mort et de guerre le terroriseraient comme aujourd’hui, pénétrant dans sa chair comme des milliers d’aiguilles de glace. Jamais dans sa courte vie Pellin n’avait été aussi effrayé ; il n’avait qu’une seule envie : s’enfuir à toutes jambes, jeter son armure trop grande pour lui, et rentrer chez lui, dans le Sud. Les Nadirs n’en finissaient pas de venir, vague après vague, lançant devant eux leurs cris éraillés par la haine. La légère blessure en haut de son bras gauche le lançait et le démangeait. Gilad lui avait affirmé que cela voulait dire qu’elle était en bonne voie de guérison. Mais cet avant-goût de souffrance était la promesse amère que davantage était à venir. Il avait vu ses camarades se tordre de douleur en hurlant, leurs ventres ouverts par les épées dentelées… Pellin essaya de repousser les images qui lui revenaient. Un vent froid se mit à souffler du nord, amoncelant des nuages lourds d’orage. Il frissonna et pensa aussitôt à sa ferme, avec son toit de chaume et sa cheminée en grosses pierres de taille. Les nuits glaciales comme celle-ci, il allait au lit avec Kara. Elle posait sa tête sur son épaule et sa cuisse chaude sur ses jambes. Ainsi enlacés et éclairés par le seul rougeoiement du feu mourant, ils écoutaient la complainte du vent à l’extérieur.
Pellin soupira.
Faites que je m’en sorte, pria-t-il.
Sur les vingt-trois volontaires de son village, il ne restait que neuf survivants. Il posa le regard sur les rangées de défenseurs endormis à même le sol entre les Murs Trois et Quatre. Arriveraient-ils à contenir la plus grande armée jamais assemblée ? Pellin savait bien que non.
Il reporta son regard sur le camp nadir et scruta la zone près des montagnes. C’est là que les Drenaïs morts avaient été jetés et brûlés, une fois dépouillés de leurs armes et de leurs armures. Après cela, une épaisse fumée noire était passée sur la Dros pendant des heures, apportant avec elle une odeur écœurante de chair calcinée.
Cela aurait pu être moi, songea Pellin en se remémorant le carnage…

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