Premières lignes… #46

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

A Rabenheim vit un adolescent du nom de Ludwig Poe. Il habite avec sa mère un appartement loué au deuxième palier d’un manoir délabré. Personne ne loge au premier. Quant au rez-de-chaussée, il est occupé par madame Schaeffer, la propriétaire. Ludwig l’aperçoit parfois à sa fenêtre, affairée à l’espionner, réduite à une silhouette ratatinée entre deux rideaux pisseux. Lorsqu’il court dans les escaliers, il l’entend jurer. La veuve Schaeffer est pire qu’une teigne. Elle agit comme un repoussoir sur les autres locataires. Dommage, ils ne savent pas ce qu’ils perdent. Car le manoir, lui, mérite le coup d’oeil.

Cette demeure majestueuse ressemble à une pièce montée qui s’empilerait étage par étage. Sa façade en pierres de taille accueille des fenêtres de style Art nouveau, pareilles à de petits yeux. Sous sa toiture pentue, des colonnes gothiques encadrent des vitraux voilés de poussière. Il s’agit d’une pagaille architecturale sur laquelle même les pigeons hésitent à nicher. Une horreur de bicoque perdue au milieu de nulle part, cernée par les hauts arbres d’une forêt noire. Ludwig a reçu l’interdiction formelle de s’y aventurer, hormis pour emprunter à vélo le sentier boueux qui descend au collège.

La froidure d’une nuit d’automne tombe sur Rabenheim. Par la fenêtre de sa chambre mansardée, une lune gibbeuse éclaire le travail de Ludwig. Assis à son bureau, l’ado dessine. Il griffonne ainsi des heures durant, avec passion.

Comme tant de fils uniques s’ennuyant dans leur patelin, le jeune Poe s’est inventé un jeu de son cru, un divertissement très particulier. Un garçon « normal » jouerait au ballon, ou végèterait devant la télévision. A maints égards toutefois, Ludwig n’a rien d’un gaillard ordinaire : depuis sa tendre enfance, il s’amuse à espionner les morts.

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