Premières lignes… #41

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

– Très Saint-Père, assister en votre compagnie à la comédie donnée par le cardinal Da Bibbiena fut un privilège.
– Elle est du plus haut comique, cette Calandria, n’est-ce pas ? Certes, elle sent bien son Plaute et son Boccace, cependant elle m’a bien fait rire.
– Il est vrai. Très divertissante. Même si l’antefatto
– Quoi, l’antefatto ? Il montre bien le danger que font courir les Turcs aux chrétiens !
– Certes, certes… Tout de même, une fille qui se travestit en homme…
– Pour échapper au déshonneur des harems barbaresques.
– Oui, mais du coup un marchand romain veut la marier à sa propre fille. Et son frère jumeau qui se déguise aussi en femme, cela fait beaucoup.
– Bembo, ne me faites pas croire que vous êtes pisse-froid autant qu’un Espagnol. Ce n’est point un crucifix qui se trémoussait sur vos genoux durant la représentation, que je sache !
Bembo rougit jusqu’aux oreilles, ce qui présageait fort bien de la belle allure que lui donnerait un jour peut-être, qu’il espérait prochain, la robe pourpre de cardinal dont il rêvait. Son regard se perdit dans le grand salon du palais, jusqu’à un splendide et vaste tableau aux tons clairs, dont le sujet le fit cramoisi.
Suzanne et les vieillards, souligna le pape, l’oeil malicieux. Voilà qui est fort à propos, n’est-il pas ?
Ses mules de soie glissant sur le parquet fleurant bon la cire d’abeille, il se dirigea vers une porte-fenêtre ouverte, et de là sur un large balcon écrasé par la lumière romaine. Le printemps débutait à peine et la chaleur était déjà pesante. Les nuages de poussière irisaient un nuage de poussière qui s’élevait à une centaine de pieds plus loin, d’où montaient les bruits les plus divers : grincements de scie, chocs des pics sur la pierre, claquements des marteaux, raclements des truelles. Sans compter quelques chants fort peu religieux, mais entonnés de bon coeur. Un immense chantier, des milliers d’ouvriers en branle depuis sept ans déjà. Un mouchoir de fine baptiste sur le nez, Bembo rejoignit le pape Léon X sur la terrasse.

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