L’échiquier du mal #1

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Bien le bonsoir bande de gens, j’espère que vous allez bien ! Levée à 5h30 aujourd’hui, je renoue avec les bonnes vieilles habitudes du lycée (enfin bonnes, bonnes…), quand les lieux où se déroulent les cours sont trop loin pour y aller à pattes. Ce qui est assez comique en fait (haha), c’est que je suis installée pas loin de l’ENSSIB, mais que la majeure partie des cours ne s’y déroule pas ! La douce joie des transports en commun m’étreint alors… au sens propre ><

Nouvelle chronique littéraire ! Un premier tome d’une série de 4 livres que j’ai récupéré chez une amie qui s’en débarrassait… et je comprends mieux pourquoi maintenant. Il s’agit d’une série écrite par Dan Simmons, L’échiquier du mal, publiée en France à partir de 1989. D’après l’éditeur, un rival pour Stephen King. Ouep, probablement, mais je préfère quand même Stephen King et de loin. Je fais ici un petit coucou à Ma Lecturothèque (un blog formidable, courez-y), qui m’a dit qu’elle voulait découvrir l’auteur, et dont j’espère que son expérience sera mieux que la mienne ^^’ 

Résumé : Ils ont le Talent. Ils ont la capacité de pénétrer dans notre esprit pour nous transformer en marionnettes au service de leurs perversions et de leur appétit de pouvoir. Ils tirent les ficelles de l’histoire. Sans eux le nazisme n’aurait peut-être jamais existé et nombre de flambées de violence, tueries, accidents inexpliqués n’auraient peut-être pas ensanglanté notre époque. Car ils se livrent aussi entre eux à une guerre sans merci, selon des règles empruntées à celles des échecs. A qui appartiendra l’omnipotence ? A celui qui saura maîtriser pleinement son Talent. Ce sont des vampires psychiques…

Mon avis :

Eh bieeeen… Compliqué. Déjà la couverture de mon édition ne proposait pas vraiment du rêve, avec une espèce de damier moderniste bizarre, et juste deux pièces d’échec qui ne rendent pas assez l’importance qu’aura le jeu dans l’histoire. Je me demande bien quel peut être l’intérêt d’une couverture aussi austère, mais ça aurait dû me mettre en garde j’imagine. La couverture est étrange, le livre l’est tout autant, mais pas forcément dans le bon sens :/

L’histoire est… austère, aride, sévère, toute cette sorte de mots qui évoque quelque chose de trop sombre, trop cru, trop sec. La plume de l’auteur n’est pas ce qui me rebute, elle est assez fluide à lire. L’histoire en revanche m’a demandé pas mal de fil à retordre, et c’est dur de l’admettre, d’habitude je clame mon amour du glauque et du macabre, mais là j’ai eu plus que ma dose. Le récit est prenant et intéressant dans toutes ses implications, assez complexe aussi avec tous les personnages et les luttes de pouvoir. Le gore est présent, et il faut avouer que de suivre les différents coups, et les différentes personnes qui se font posséder pour prendre part au combat, est assez badass. En fait, tuer via une personne possédée leur permet par je-ne-sais-quelle alchimie de prolonger leur espérance de vie. La scène du jeu d’échec particulièrement est classe, un peu comme un jeu d’échec de Poudlard mais version sanglante ^^’

On suit divers personnages à la 3ème personne, et c’est honnêtement dur de s’attacher à l’un ou l’autre de ceux-ci, à cause de leurs actes ou de leur justification, si justification il y a. Je n’arrive pas à m’attacher, dans la mesure où pratiquement aucun des personnages n’a un minimum de sens moral, à force de traiter les humains comme des objets littéralement. Bien sûr, on atteint le point Godwin avec les nazis, le récit de Saul était en cela plutôt intéressant, et j’ai beaucoup aimé l’interprétation qui a été proposée quant à la Shoah et l’expansion du nazisme. Du nazisme on se dirige vers le complot mondial, peu abordé dans ce premier tome, mais qui peut se résumer à « nous contrôlons tout et tout le monde, le président américain, l’actuel et le prochain, sont nos pantins, et encore le terme est gentil ».

Alors me direz-vous, même si les personnages sont peu attachants, il y a du glauque, de la noirceur, donc ce que j’aime bien, et d’autres bons points apparemment, alors pourquoi est-ce que je suis sûre que je ne veux plus ouvrir une seule page de cette série ? Eh bieeeen… Premier point, récit trop décousu et trop abstrait pour moi, j’avais du mal à poser mes pions pour me représenter l’histoire. Mais ce ne serait que ça que j’aurais quand même continué la série. Non, ce qui m’empêche de la continuer, ce sont les scènes de viol. Le personnage de Tony Harod a fait plus que me donner des sueurs froides, j’avais littéralement la nausée et envie de pleurer, et croyez-moi quand je vous dis que c’est rare qu’un bouquin me mette mal à ce point. J’aurais pu m’y attendre, le fait de contraindre et manipuler les gens par la pensée mène forcément au bout d’un moment au viol : d’abord mental, puis physique. Mais les scènes de viol physique étaient insupportables pour moi, moins pour l’acte que pour la façon dont il était décrit : trop détaillé, voyeur, immonde, mettez tous les mots que vous voulez c’est ignoble. La première fille est réduite à l’état d’animal fou et suppliant (en fait il la force à ne plus ressentir que de l’appétit sexuel, et NON, ce n’est pas une vision agréable tellement c’est avilissant pour elle, surtout quand elle revient à elle), la seconde ne se rappelle pas (il l’a juste soumise en l’empêchant de bouger) mais est quand même traumatisée à vie, et je ne vous parle pas de moi parce moi je ne suis pas prête d’oublier. Elles ne se souviennent pas à proprement parler, mais toute la terreur qu’elles ont ressenti et la honte, l’humiliation, a marqué leur esprit à un point qu’on n’imagine pas.

A ce niveau, je peux me faire taxer de deux choses : moi qui aime le gore, je ne récolte que ce que j’ai semé ; et ensuite je me détourne d’un problème majeur qui concerne beaucoup BEAUCOUP trop de femmes comme d’hommes dans le monde. Bon pour le premier point, je peux dire que je connais ma limite maintenant, et de toute façon, aimer le glauque n’implique certainement pas d’aimer les scènes de viol. Pour le deuxième, je suis très consciente du fait que le viol existe, malheureusement. Et je veux rester au courant de ce fait, je ne cherche absolument pas à l’occulter, mais là c’est trop pour moi, je ne peux pas supporter ces scènes, et si je revois le nom de Tony Harod je vais juste me mettre en PLS. Je ne sais pas s’il y a d’autres de ces scènes dans les autres tomes, elles sont très loin d’être le sujet principal de la série, mais à l’idée de tomber sur une autre de ces horreurs, c’est non. Je lis pour me détendre, pour être émue, pour apprendre, être traumatisée et finir en larmes de peur ne fait pas partie de mes objectifs, et pour une fois je n’exagère pas. Je me suis sentie violée en lisant ces scènes, au sens propre, et je ne souhaite ça à personne. Sauf au violeur.

Conclusion, un livre qui a certainement des qualités, mais aussi des défauts que je ne peux laisser passer ni ignorer. Si quelqu’un a lu et aimé ce livre, je serais ravie de discuter et d’échanger avec lui, mais je ne me sens absolument pas capable de rouvrir le livre, encore moins de continuer la série.

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