Premières lignes… #35

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Je descends sur le quai de la gare de Leysin, au milieu des cris d’enfants. Les secondaires se bousculent, pressés de retrouver leurs familles pour fêter Pâques, remontant depuis les vallées dans ce charmant village d’altitude. La Suisse. Voici un pays étonnant où chaque pas donne la sensation de voyager dans le temps. L’extrême modernité côtoie des pierres vieilles de plusieurs siècles. Après ces deux heures de trajet depuis Paris-Capitale, dans ce confortable train express hydrogène, je sens l’air pur des montagnes pénétrer au plus profond de mon être et me redonner quelque vigueur. Je règle ma montre sur l’heure locale, me référant à l’horloge chromée qui trône en ces lieux. Le soleil a ici une bonne demi-heure de décalage avec la Ville Lumière.

C’est alors seulement qu’au milieu des bousculades je repère mon chauffeur. Il tient à la main une pancarte de bois blanc où je peux lire dans la plus simple des calligraphies ce titre qui, depuis quelques mois, m’est octroyé. « Le Biographe ». Ainsi suis-je désigné à chaque ligne de mon contrat, avec interdiction formelle de me donner plus d’existence par l’évocation d’un nom, ou même d’un prénom. L’express relâche dans l’atmosphère les vapeurs de sa chambre à condensation, nappant momentanément les lieux.

– Voulez-vous me confier vos bagages, monsieur ?

Je sursaute, serrant plus que voulu ma sacoche de cuir. L’homme a profité de cette brume artificielle pour s’approcher de moi. Il porte un habit traditionnel vaudois. Je devine, sous une épaisse cape de laine noire, les edelweiss brodés d’un gilet de velours. Il tient son chapeau de feutre à la main et, par les volutes blanches qu’il laisse s’échapper à chacune de ses expirations sur de généreuses moustaches. Il m’invite ) fermer plus haut le col de mon propre manteau.

Puis il reprend, de son accent traînant :

– Monsieur, vous conviendrait-il de me confier vos bagages ?

– Je n’en ai point.

Le pneumatique du matin me commandait de sauter sans attendre dans le premier express hydrogène de Leysin, ce que j’ai fait, n’emportant avec moi que ma canne, mon chapeau, et cette sacoche contenant le fruit d’un bien étrange contrat.

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    • C’est une série en 2 volumes, je viens de la terminer ; même s’il faut s’accrocher pour bien suivre les personnages et l’enquête sans se planter, j’ai vraiment bien aimé ^^

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