Un peu de poésie effacée : La table des poussières

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Bien le bonjour bande de petits êtres démoniaques ! J’espère que vous allez bien ! Je me remets à rédiger après une loooonngue pause, que vous n’avez pas vue car j’avais préparé le coup et écrit deux mois d’articles d’avance ! Reste que maintenant j’en ai beaucoup à écrire, j’ai quand même pris quelques notes sur les livres lus pour ne pas me retrouver sans rien à dire ^^ Aujourd’hui j’ai besoin de m’occuper l’esprit, c’est un de ces jours où vous attendez quelqu’un ou quelque chose de très important, vous ne savez pas quand ça va tomber, ni quoi faire exactement quand ça tombera, ou que faire en attendant. Vous voyez de quels jours je veux parler, pas vrai ? ^^’ Un coup de fil de votre potentiel emploi, des résultats d’examen, une visite du plombier parce que vous avez une fuite depuis des jours…

Alors j’écris, j’inscris, et j’ai trouvé un très joli poème que je voudrais vous montrer :3 J’ai découvert Andrée Chedid avec son livre Le message, que j’avais lu au collège si je me rappelle bien. C’est une lecture qui ne vous épargne pas, c’est le moins qu’on puisse dire ! Très dure, mais très belle aussi. Je crois que j’ai encore le livre, peut-être que je le relirai et que je vous ferai une chronique ^^ Andrée Chedid est née en 1920 et morte en 2011, c’était une femme de lettres et poétesse française d’origine libanaise chrétienne. Elle est la mère du chanteur Louis Chedid et de Michèle Chedid-Koltz, peintre, et la grand-mère du chanteur Matthieu Chedid (je n’en connais aucun, mais peut-être que ça parlera à certains ?). En 1946 elle s’installe définitivement à Paris, où elle commence à publier ses recueils de poésie. Son œuvre est un questionnement continuel sur la condition humaine et les liens entre l’Homme et le monde. Andrée Chedid, dans toute son œuvre, célèbre la vie tant aimée, tout en ayant une vive conscience de sa précarité. Elle encourage chaque homme à accepter l’altérité ; son style, très travaillé se caractérise par sa fluidité. Elle évoque l’Orient avec une grande sensualité pour mettre en avant ses parfums, et elle s’attache aussi à décrier la guerre au Liban. Elle a reçu le Prix Goncourt de la poésie en 2002, et en 2009, elle est nommée Grand officier de la Légion d’honneur. Je ne connaissais pas du tout ses poèmes, jusqu’à ce que je cherche au hasard sur Internet des poèmes sur le thème de l’écriture : j’ai trouvé « La table des poussières », dernier du recueil Epreuves du vivant. Je vous laisse le lire 🙂

Inscris

Le poème doublé de nuit
Le poème drapé du linceul des mots
Le poème
S’égarant dans les cavernes du doute
Se rétractant sous les rides du chagrin
Sombrant dans les puits sans échos

Inscris

Le poème s’étirant dans les blés
Le poème s’allongeant vers les sphères
Le poème bondissant dans les pâturages de l’âme
Le poème frémissant dans le corps des cités

A présent
Efface

Que le poème retourne à la poussière
Qu’il supprime toutes paroles
Qu’il t’annule à ton tour

Efface et puis
Renais

Sur la table rase
Inscris…

Les deux premières strophes sont en contraste l’une avec l’autre, un peu comme le spleen et l’idéal de Baudelaire : l’une évoque l’obscurité, les bas-fonds de la pensée et des sentiments, une plongée au cœur de l’inconnu ; la deuxième à l’inverse n’est qu’élévation et étirement vers les cieux, une aspiration à un idéal de poésie, un mouvement de vie. La poésie serait donc cette faculté à concilier les deux, à les exprimer aussi bien l’un que l’autre, de la mort à la vie et vice-versa. C’est à la fois une exploration dans l’inconnu, et une quête avec un but précis, mais le but n’est pas le plus important ^^ On y met aussi beaucoup de soi-même, puisque dans le poème, effacer ce qui est inscris revient à s’effacer soi-même : les instants de travail et de réflexion, les pensées éphémères qui étaient propres à ces instants et qui sont perdues à jamais ou au moins sous cette forme. La vie reprend avec la réécriture, on recommence à créer des émotions brutes qui prennent corps grâce à l’inscription sur le papier. J’adore par-dessus tout le titre du poème ❤ D’habitude, une table des matières est un récapitulatif entier, voir un résumé si la quatrième de couverture est trop décevante. Une trace indélébile de tout le livre. Alors une table des poussières ? Justement quelque chose de mouvant, de changeant au gré du souffle de l’auteur :3 Comme si le livre ou le recueil se réécrivait en permanence ! Et quand toute la poussière a disparu, on peut recommencer à écrire, en fait c’est un peu comme un phénix ! C’est une jolie image non ? :3

Comme illustration pour le poème, j’ai cherché un bon moment, et j’ai fini par trouver un tableau d’une certaine Cathleen Rehfeld, je vous mets le lien ici pour sa page facebook 🙂 Il s’intitule The Writer, et il m’a d’abord tapé dans l’œil pour ses couleurs chaudes et lumineuses. J’adore écrire quand il y a du soleil, et ici la scène semble inondée de lumière, comme au travers d’une fenêtre en plein été. Le geste de l’écrivaine est suspendu, comme en pleine inspiration. La lumière du soleil, si envahissante, pourrait-elle être alors celle de l’imagination de l’écrivaine ? Qui sait ce qu’elle y voit ? Plus j’imagine et plus ce tableau me fascine :3 Et le top du top : la tasse de chocolat chaud sur la table… oui, c’est du chocolat chaud, je le sais, je le sens XD

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