The Adventuress

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Bien le bonjour bande de gens ! J’espère que vous allez bien ! Je suis enfin rentrée chez moi, pour enchaîner aussitôt sans pitié avec mon job d’été ^^’ Pas de repos pour les braves comme dirait l’autre. Mais après 5 jours passés à servir à la buvette ou sur la terrasse de la bibliothèque, devant tous ces gens qui se baignent sur la plage, je me demande si je suis du bon côté du bar XD

Nouvelle chronique littéraire ! La librairie indépendante Shakespeare & co est un lieu très célèbre à du cinquième arrondissement de Paris. Elle est spécialisée dans la littérature anglophone, et fut depuis sa création au début du XXème siècle un lieu de rencontre et de refuge pour les écrivains anglophones. Aujourd’hui, la librairie sert de refuge à qui le souhaite, avec 13 lits dissimulés dans les étagères ! Je vous conseille le détour si vous êtes sur Paris, rien que pour sa décoration, avec de vieilles étagères de bois qui montent jusqu’au plafond, croulant sous les livres, des allées très étroites et des petits recoins :3 Il y a même un café à côté si vous voulez 😀 Et j’ai craqué, j’y ai acheté un livre parce que voilà, je ne pouvais pas rentrer dans une librairie sans rien acheter ! J’ai pris un peu au pif : il s’agit d’un polar d’Arthur B. Reeve, créateur du Sherlock Holmes anglais aka Craig Kennedy : L’aventurière.

Résumé : Qui a tué Marshall Maddox de la compagnie Maddox Munitions, l’inventeur du très secret robot télécommandé (« telautomaton ») ? Sa mort était-elle une punition pour sa double vie, ou était-ce à cause de la convoitise de quelque intriguant ? Craig Kennedy lui-même est mis au défi par la diabolique et savante ingéniosité, la brutalité au centre du crime,… et par Paquita, la mystérieuse aventurière…

Mon avis : 

Eh bien… Ce livre a été une déception. J’ai beau garder à l’esprit que je lis de façon moins fluide en anglais qu’en français, mais c’est très loin de se limiter à ça pour une fois. A la base, j’avoue que j’ai pris le livre pour son extérieur : couverture rigide, belle jaquette dans le style vintage, un bon vieux polar comme on les aime en somme ; en plus, on nous vend ce livre comme un Sherlock Holmes version américaine, enquêteur et scientifique, et j’adore Sherlock Holmes ^^ Et honnêtement, la plume de l’auteur n’est pas désagréable. Mais !

Où diable est passée l’action ? Action ? Où es-tu petit être ? Viens ici te dis-je ! Je suis bien consciente que le travail de détective est loin d’être comme James Bond, qui fait exploser quelque chose toutes les 5mn. Mais là, sans déconner, la moitié du livre se passe en filatures plates, et qui se révèlent stériles, elles n’apportent rien ni à l’histoire, et encore moins à l’enquête qui donne l’impression de piétiner misérablement jusqu’aux trois dernières pages ! Pour le reste, ce sont beaucoup de détails techniques, durs à comprendre déjà à cause de l’anglais, mais que personne d’autre non plus dans le roman n’a l’air de comprendre à part Kennedy aka le génie de service. Et encore, monsieur distille ses infos au compte-goutte et selon son bon plaisir, du coup on attend très souvent pendant une vingtaine de pages d’avoir une explication qui ne nous éclaire qu’à moitié. Et si encore ces inventions et autres bricolages aidaient à faire avancer l’enquête, mais je n’en ai pas vraiment eu l’impression. Bref, l’intrigue n’avance que pouic, on n’a aucun élément ni indice de réponse avant les 3 dernières pages, et ce n’est même pas satisfaisant tellement on s’ennuie dans le reste du livre : j’avais juste envie que ça se termine !

Cerise sur le gâteau, ou du moins je suppose que c’était censé l’être, l’histoire amoureuse… Qui prend au moins la moitié du livre. Tous les personnages ont l’air de se passionner pour ça comme si c’était un épisode de Secret Story, même Kennedy ! En comparaison des tenants et des aboutissants que promettait l’enquête (promesses non tenues, je tiens à le souligner), c’est l’autre raison pour laquelle je me suis ennuyée : l’histoire d’amour prend beaucoup trop de place par rapport à l’histoire principale qui n’est déjà pas bien grande. Donc Sherlock Holmes américain… mes fesses !

Pour ce qui est des personnages, sauçons-nous parce que j’ai encore des choses à dire ! Commençons par le pseudo-Sherlock, deux points m’ont particulièrement énervée : d’abord sa « bienveillance » quand les autres galèrent à comprendre ce qu’il fait ou émettent des hypothèses. Elle revient un peu trop sa bienveillance, et à la place du traducteur, j’aurais mis condescendance. Monsieur est au-dessus de tout et c’est horripilant. Chez Sherlock Holmes ça ne pose pas de problèmes parce que c’est cash en quelque sorte, mais Kennedy est d’une hypocrisie sans nom. Et parlons de sa misogynie. Sherlock Holmes est misogyne, c’est un fait. Seulement là encore, ce n’est pas voilé (capacité crânienne de la femme, blablabla), et c’est contrebalancé à chaque fois qu’une femme le surprend et surtout par le personne de la Femme, aka Irène Adler qui lui a damé le pion plusieurs fois. Kennedy est misogyne, encore plus peut-être, mais là aussi c’est plein d’hypocrisie, il n’y a aucune critique mais des a priori (par exemple sur la sentimentalité féminine) admis par tous les autres personnages, ce qui est peut-être encore pire : rien ne vient contrebalancer cette idée qui paraît presque innocente, du coup l’image de la femme qui est véhiculée dans ce livre est 10 fois pire que dans un Sherlock Holmes à mon sens parce qu’elle est insidieuse.

Du coup, je suppose que ça découle de là, mais le personnage de l’aventurière est horriblement vide. Je rappelle que c’est le personnage qui donne au livre son titre et sa couverture ! Seulement… quelle aventurière ??? Elle ne parle en tout et pour tout dans le livre que 2 fois, et j’ai compté ! Et à chaque fois, elle n’a pas plus de 3 répliques. Le personnage se contente de planer vaguement sur tout le livre, mais elle présente plus de risques pour l’histoire d’amour que pour l’enquête, d’autant plus qu’on sait qu’elle n’est qu’un vulgaire pion. Cette femme est un décor peint, et c’est tout. Personnalité à peine donnée, bourrée de clichés sur la femme fatale. Et l’autre seule femme du livre est en complète opposition, serait-ce pour nous montrer à nous pauvres femmes le mauvais et le bon exemple ? Je veux bien croire que c’est l’époque, mais est-ce que ça dispense l’auteur de faire un personnage intéressant ? Je ne pense pas. L’aventurière est une enquête d’hommes.

En fait, comme pour Mito ou Sanchez, deux autres pions des méchants, l’aventurière (Paquita) est un personnage intéressant, différent, original, mais on dirait que l’auteur s’est contenté de poser ces personnages et de les laisser là pour décorer. Mito ne parle jamais, Sanchez seulement dans la dernière page. Déception/20. Et racisme aussi pendant qu’on y est : le livre a beau se défendre de cette accusation avec le personnage de l’inspecteur gentiment moqué parce qu’il soupçonne les étrangers à cause du fait qu’il ne comprend pas d’autre culture que la sienne, mais je peux sans problème taxer l’auteur du même défaut. Mito, Paquita et Sanchez sont laissés dans l’ombre, l’auteur ne se donne pas la peine de leur donner plus de relief, ce qui ne laisse que leur nationalité pour nous donner une image, avec tous les clichés qui y sont attachés. Bien entendu, Mito est un serviteur asiatique discret, muet, et on m’aurait dit qu’il faisait du kung-fu que ça ne m’aurait pas surprise. Vous voyez le tableau ? Et le pire… c’est que le méchant est encore plus effacé que ses pions !! Il parle à peine plus qu’eux, ses apparitions sont tellement discrètes que c’est à peine si on se rappelle de son existence. Vous allez me dire que c’est une technique classique, dissimuler le méchant pour mieux le dévoiler. Seulement vu qu’on s’est ennuyé pendant toute l’enquête, et qu’on en oubliait presque l’intérêt, la révélation du méchant laisse plus désappointé qu’autre chose. Vous ne me croyez pas ? La dernière phrase du livre est littéralement « Le coupable est untel ». Point final. Tu attendais peut-être une réaction, des protestations, du drama… ben non. Un suppo et au lit !

Bilan, une très jolie présentation, mais beaucoup de bruit pour au final pas grand chose. Vous aurez beau me répéter que c’est l’époque et que c’est un roman de gare, je dirai encore la même chose : ce n’est pas parce que c’est un polar classique et vieux qu’il doit obligatoirement être mal écrit et indigeste. A méditer.

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