Un peu de poésie envoutante : Villonelle

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Bien le bonjour bande de gens ! J’espère que vous allez bien :3 Je crains d’avoir encore craqué à la librairie… C’est mon compte en banque qui va être content, sans parler de mes parents… ahem… ^^’ Mais en même temps, c’était trop dur de résister quand j’ai appris qu’une librairie spécialisées dans les mangas et la culture japonaise ouvrait juste à côté de chez moi *.* Je sens que je vais devenir une cliente très régulière !

Sur ce et sans plus attendre, nouveau samedi, nouvelle poésie ! Un poète que j’ai découvert totalement au hasard, mais de toute façon c’est comme ça que je dois faire maintenant : j’ai épuisé mon stock de poètes fétiches avec vous, alors je découvre autant que vous ! Encore que le nom de Max Jacob me disait déjà quelque chose, peut-être qu’on en avait parlé en cours de littérature… Bref ! Max Jacob est un poète moderniste et romancier français, né en 1876 et mort dans le camp de Drancy en 1944, où on l’avait enfermé parce qu’il était juif ashkénaze, et probablement aussi pour son homosexualité qu’il refoulait. Sale époque. Il est au croisement de nombreux courants, qu’il a rejoint pour un temps ou inspirés. Par exemple, il a suivi un temps le le dadaïsme puis le surréalisme, et s’est lié avec André Breton, mais sans pour autant adhérer complètement au mouvement. C’est à lui qu’on doit le terme de « cubiste », mais surtout pour la littérature : c’est-à-dire le jeu avec les mots, le rythme, la bizarrerie. Et surtout, il a inspiré le mouvement de l’école de Rochefort dont je vous avais déjà parlé avec le poète Jean-Vincent Verdonnet : le romantisme et le symbolisme sont deux mouvements auxquels il n’a pas renoncé, développant un lyrisme de l’idée qui fonctionne avec des images plutôt que de longues phrases pour mieux frapper l’imaginaire. L’émotion (qui étymoliquement est le mouvement pour sortir de soi) est pour lui le maître-étalon des œuvres avec l’art : l’une est indissociable de l’autre. Le poème que je vous ai trouvé s’appelle Villonelle. Le nom dérive du terme « villanelle », qui qualifie un type de chanson italienne du XVIème siècle, à plusieurs voix et avec un rythme vigoureux. Et effectivement, ce poème a quelque chose d’envolé ^^

Dis-moi quelle fut la chanson
Que chantaient les belles sirènes
Pour faire pencher des trirèmes
Les Grecs qui lâchaient l’aviron.

Achille qui prit Troie, dit-on,
Dans un cheval bourré de son
Achille fut grand capitaine
Or, il fut pris par des chansons
Que chantaient des vierges hellènes
Dis-moi, Vénus, je t’en supplie
Ce qu’était cette mélodie.

Un prisonnier dans sa prison
En fit une en Tripolitaine
Et si belle que sans rançon
On le rendit à sa marraine
Qui pleurait contre la cloison

Nausicaa à la fontaine
Pénélope en tissant la laine
Zeuxis peignant sur les maisons
Ont chanté la faridondaine !…
Et les chansons des échansons ?

Échos d’échos des longues plaines
Et les chansons des émigrants !
Où sont les refrains d’autres temps
Que l’on a chanté tant et tant ?
Où sont les filles aux belles dents
Qui l’amour par les chants retiennent ?
Et mes chansons ? qu’il m’en souvienne !

J’ai eu un vrai petit coup de cœur pour ce poème ! Déjà pour le côté mythologique, et pour l’aspect chant lyrique des anciens poètes grecs, les aèdes et les conteurs qui comme Homère chantaient des récits épiques ou fantastiques. Ca vous replonge tout de suite dans un autre temps et un autre monde :3 Le poème est à lui seul une mélodie, qui en évoque de plus belles encore, des chants d’amour et d’émotion, je me demande ce que donnerait le résultat en musique. En fait, j’ai déjà les mots qui résonnent dans ma tête, il y a vraiment une sonorité et une musicalité des mots ici que j’adore ! C’est à la fois un chant nostalgique, une supplique et une prière. Et en même temps, il y a ces petites discordances burlesques, comme le fait d’imaginer le grand et puissant Achille dans un cheval bourré de céréales, ou les grandes amantes de la mythologie qui chantent la « faridondaine » ! Quelque part, ça rend le poème encore plus génial pour moi, il n’est pas parfait, mais c’est ce qui le rend si particulier par rapport à d’autres poèmes lyriques. Peut-être qu’au moment de mettre ce mot, le poète voulait rire, ou bien était-il énervé de ne pas trouver la note juste et s’est permis un petit délire 😀 Je m’en lasse pas ^^ et pour accompagner ce poème, j’ai décidé de mettre mon petit grain de sel, avec une artiste que je suis sur DeviantArt, et dont je suis fan ❤ Yuumei a un univers si beau, si magique et si poétique à la fois, je pourrais regarder ses images pendant des heures, et vraiment je vous conseille d’aller voir sa galerie sur DeviantArt. J’aimerais tellement faire des dessins aussi beaux que les siens ! Pour Villonelle, j’ai choisi quelques uns de ses dessins autour de la musique, avec de belles musiciennes et des instruments qui permettent de voir au cœur de la musique et de ses émotions. Dans ces images comme dans le poème, il y a des échos de liberté, et une puissance musicale qu’il faudrait pouvoir chanter ou jouer plutôt que dire, sinon ce serait comme si on n’en restituait à peine un dixième. Magnifique ❤

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