Les années

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien :3 Je suis en train de rédiger l’article tranquille devant un épisode d’Esprits criminels, j’aime beaucoup cette série 😛

Nouvelle chronique littéraire ! Un livre que j’étudie en cours, qui est à vrai dire assez particulier, et ce sera avant tout à vous de vous faire votre opinion, la mienne compte peu je le crains en face des Très Humbles (ahem) Cravatés de l’Académie, qui ont décidé que c’était un classique. Et je ne cesse de m’interroger sur ce terme, tout comme je ne cesse de m’interroger sur ce livre. Il s’agit du livre Les années d’Annie Ernaux, publié en 2008, et qui a reçu plusieurs prix. Annie Ernaux elle-même est une femme de lettres et professeure de lettres, elle a une oeuvre essentiellement autobiographique, très nourrie par la sociologie. 

Résumé : « La photo en noir et blanc d’une petite fille en maillot de bain foncé, sur une plage de galets. En fond, des falaises. Elle est assise sur un rocher plat, ses jambes robustes étendues bien droites devant elle, les bras en appui sur le rocher, les yeux fermés, la tête légèrement penchée, souriant. Une épaisse natte brune ramenée par-devant, l’autre laissée dans le dos.
Tout révèle le désir de poser comme les stars dans Cinémonde ou la publicité d’Ambre solaire, d’échapper à son corps humiliant et sans importance de petite fille. Les cuisses plus claires, ainsi que le haut des bras, dessinent la forme d’une robe et indiquent le caractère exceptionnel, pour cette enfant, d’un séjour ou d’une sortie à la mer. La plage est déserte. Au dos : août 1949, Sotte ville-sur-Mer ».
Au travers de photos et de souvenirs laissés par les événements, les mots et les choses, Annie Ernaux donne à ressentir le passage des années, de l’après-guerre à aujourd’hui. En même temps, elle inscrit l’existence dans une forme nouvelle d’autobiographie, impersonnelle et collective.

Mon avis : 

Alooooors euh ^^’ On va commencer par la couverture, histoire de retarder le moment où je vais me mettre à patauger dans la semoule ! Plusieurs choses attirent le regard, et je pense pouvoir les rattacher à plusieurs caractéristiques du livre : la deux-chevaux comme symbole d’une époque et de la société de consommation, la robe symbole tout simplement de la féminité, et l’accent discrètement (ou pas) mis sur la poitrine inclut des connotations peut-être plus érotiques, volonté de vraiment tout inclure dans la peinture de l’époque. L’ensemble évoque un après-midi de vacance, l’insouciance également. Donc une couverture qui représente assez bien l’image que je me fais du livre, à la fois par ma lecture et par mes cours ; ça pourrait très bien être un bout de photo, comme celles qui sont plusieurs fois utilisées dans le livre.

Concernant le livre… C’est dur de se faire un avis ! Je comprends un peu mieux le livre grâce à mes cours, mais malgré tout je n’ai pas réussi à vraiment l’apprécier. C’est un témoignage de vie, mais ça ne se veut pas comme une autobiographie : elle commence par constater le fait que toute chose, parole, citation, phénomène de langage ou de mode est éphémère, de même que les personnes qui finissent par disparaître de la mémoire collective. Mais la fin du livre (et ce n’est pas du spoil) révèle l’autre partie de la réflection, à savoir la volonté d’Annie Ernaux de sauver ce qui peut l’être, tout ce dont elle se souvient et qui a constitué, non pas seulement sa vie, mais aussi celle de toutes les personnes de la même génération qu’elle. Enfin, une dernière précision : Annie Ernaux est très influencée par Sartre (qui considère qu’on existe avant de se définir) et Bourdieu, et considère que l’on ne peut apercevoir le moi intérieur que via le contexte et le regard extérieur. Le livre commence par un joyeux bordel d’images-souvenirs flash pris dans sa vie ; et puis, on rentre dans le vif du sujet, en repassant petit à petit et chronologiquement les atmosphères et les descriptions par images et comportements.

La revue de tous ces marqueurs d’une époque (selon ses propres termes) est à la fois assez intéressante et assez lassante, il n’y a pas de vrai récit, et le seul élément pour rythmé le livre réside dans les photos prises à différents moments de la vie d’Annie Ernaux, et qu’elle décrit. Malgré tout l’intérêt que peuvent susciter ces petits bouts de culture partagée et populaire (quoique bourgeoise sur la fin), c’est dur de s’identifier et donc de se projeter : d’une part parce que les moeurs ne sont pas les mêmes, ensuite parce que la plupart des phénomènes ou calembours cités ne sont plus compris aujourd’hui, un phénomène que justement l’auteure explore dans le livre. Disons que j’ai trouvé certaines réflexions de l’auteure plutôt bien vues, et j’ai bien aimé le livre pour cette raison ; j’ai apprécié de voir une évolution, un comportement et un point de vue plus mature qui se laisse deviner peu à peu, jusqu’à ce que le livre rejoigne le présent.

J’ai aussi beaucoup aimé un des seuls points qui m’a permis de m’identifier, la volonté d’écrire, présente partout.. enfin ça dérive trop loin de mes goûts et couleurs, mais cette volonté m’a plu. Elle a le souci du langage moins pour l’étoffer que pour le rendre précis, et pour ce livre le rendre aussi impersonnel que possible pour mieux correspondre à une époque. Mais ces blancs de l’écriture rendent aussi la lecture ardue parfois. Autre bon point, mais ici propre à l’auteure, la volonté de se libérer en tant que femme. Ce que j’ai moins apprécié, c’est que cela tourne parfois beaucoup autour du sexe, et ce dès l’enfance, ça me gênait un peu. Alors peut-être que ce sont justement des moeurs différentes d’aujourd’hui ? Je ne sais pas, c’est vraiment compliqué de parler de ce genre de livres.

A certains moments, elle éprouve un accablement devant la somme de ce qu’elle a appris. Son corps est jeune et sa pensée vieille. Dans son journal intime, elle a écrit qu’elle se sent « sursaturée d’idées passe-partout, de théories », qu’elle est « à la recherche d’un autre langage », désirant « retourner à une pureté première », elle rêve d’écrire dans une langue inconnue. Les mots lui sont « une petite broderie autour d’une nappe de nuit ». D’autres phrases contredisent cette lassitude : « Je suis un vouloir et un désir. » Elle ne dit pas lesquels.

Bilan, un livre que j’ai du mal à saisir, ce n’est pas mon genre de lecture habituel :/ J’ai aimé certains points, d’autres me laissent plus circonspecte sans que j’arrive à comprendre si je les aime ou non, mais pas forcément dans le sens d’une réflexion positive. Juste… ça ne m’évoque pas grand chose :/ Alors ça peut être à tester, peut-être que des esprits plus ouverts que le mien sauront apprécier, dites-moi si c’est le cas ^^

 

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      • Balzac était réputé pour ça, d’où ses descriptions interminables.

        Plus récent, King avec La ligne verte. Publié en six épisodes avant d’être fusionné en roman. Tout a été gardé tel quel, la forme s’en ressent (rappel flagrant de certaines infos).

      • Pour Balzac, ça m’a surtout gêné avec La peau de chagrin… Quelle purge ! Proust aussi est connu pour ça non ? J’hésite beaucoup à le tester, mais j’ai une de mes potes qui est une fan incontestée et qui a réussi à me motiver 😀

      • En fait, je pense que beaucoup d’auteurs du 19e bossaient ainsi car ça payait mieux, d’où cette mode des descriptions interminables.

        Enfin, si tu ne voulais pas faire comme Beaudelaire : débiter tes meubles pour te tenir chaud l’hiver…

      • C’est marrant, on nous parle toujours du réalisme et du naturalisme en cours, mais jamais du fait que les auteurs soient payés au volume ! Ca doit trop casser le mythe j’imagine ^^’

      • Faut vous faire rêver. 😀

        Les auteurs de l’époque, ceux que tu connais car passés à la postérité, étaient soit rentiers, soit mécénés, soit dans la misère. Certains comme Flaubert (si j’ai bonne mémoire), passaient de logement en logement pour fuir leurs créanciers…

        Et ça n’a pas changé depuis. ^^

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