Premières lignes… #23

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Eté 1947.
Planète Terre, Etats-Unis, Illinois, ville paumée du nom de Franklin Grove.
Franklin Grove, son kilomètre carré, ses sept cens habitants, ses quatre églises pour une seule librairie ; et son bar à tocards, le Bradley’s and son.
Ca s’est passé dans une des chambres que le patron louait au-dessus : une pouffe à peine sortie de l’adolescence qui poussait poussait poussait, et moi qui sortait d’elle en gueulant à la mort – et par les pieds d’après ce qu’on m’a raconté, comme si j’voulais déjà partir d’ici en courant.
Fils de Martha et Robert Bradley. Mes parents s’étaient rencontrés en ville, ma mère était une gamine facile qui se faisait sauter par à peu près tout ce qui pouvait, et mon père a réussi un sel truc dans sa vie : c’est le premier à l’avoir engrossée. Ils avaient dans ls dix-sept ans, mais y avait pas l’avortement et tout à l’époque.
Le gars qu’allait devenir mon père travaillait déjà, depuis deux ans, dans le bar de son père, le Bradley’s, qui était devenu depuis le Bradley’s and son.
J’étais donc le premier môme de ce couple de merde, et j’en ai fait une famille… de merde.
On a installé la mère et le gosse à l’étage au-dessus du bar, et voilà comment j’ai vécu les premières années de ma vie perché sur plusieurs litres d’alcool ! Les poivrots, je connais.
Bref, ma maman, l’ancienne pouffe, est devenue une mère. Une vraie, de celle qui vous font bouffer des légumes dégueu et qui vous demandent de dire bonjour à la dame. Par contre, niveau épouse aimante, y avait du boulot.
« Pas maintenant, Rob ! » qu’elle criait à mon père dès qu’il avait le malheur de l’ouvrir.
Et s’il sortait quand même sa connerie, ma mère se mettait à soupirer en roulant les yeux au plafond. La seule personne qui avait droit à son affection, c’était moi ; enfin, pas vraiment moi…
« Ce sont que des idiots hein, elle me murmurait dans l’oreille en serrant fort. Y a que toi qui me comprends, Marylin… »
En fait ma mère voulait une fille, j’en étais pas une mais ça, c’était pas son problème. Des fois, quand on était tout seuls le soir au-dessus du bar, elle jouait à me maquiller la bouche et les joues avec du rouge.
« Oh, Marylin ! Comme tu es belle, ma Marylin ! »
Je parlais à peine donc impossible de protester. Et elle avait bien plus de force que moi donc inutile de résister.

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