Un peu de poésie nocturne : La forêt a peur

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Salutations bande de gens ! J’espère que vous allez bien ^^ Nouveau samedi et nouvelle poésie, le site Poetica m’aide beaucoup pour trouver de nouveaux auteur(e)s, je vous le conseille 🙂 Le seul petit problème, c’est que maintenant il y a plein de poètes dont j’ai envie d’acheter les recueils, heureusement qu’ils ne sont pas trop chers à Gibert et qu’on peut les trouver sur Internet facilement ^^ Je crois que je vais investir pour un carnet où recopier mes préférées ^^

Cette semaine, j’ai découvert Vénus Khoury-Gata : une femme de lettres française née au Liban en 1937. Elle a reçu plusieurs prix poétiques dont un Goncourt. Selon une biographie trouvée sur le site du printemps des poètes, le thème de la mort s’impose souvent dans ses poèmes, sûrement à cause des deux premiers drames de sa vie : la guerre civile et la mort de son époux en 1981. Va vraiment falloir que je consulte si tous mes poètes favoris ont ce thème en commun, ça devient flippant même pour moi ^^’ Son oeuvre est riche et abondante : quinze recueils de poèmes ont reçu plusieurs prix et ont été récompensés en 1993 par le Prix de la Société des gens de lettres et quinze romans, dont La Maestra couronnée par le prix Antigona. Insatiable et passionnée, Vénus a su s’imposer très naturellement dans un monde d’homme et devenir l’une des plus célèbres écrivains et poétesses françaises. Malheureusement, trouver des informations sur elle est assez difficile, donc je me demande ce que le site du printemps des poètes veut dire par « célèbre »… Enfin bref, le poème que j’ai trouvé s’appelle La forêt a peur, et est extrait du recueil La voix des arbres.

La forêt a peur
Une forêt peureuse
panique à la vue du soir
Tout l’angoisse
les cris des chouettes
leur silence
Le regard froid de la Lune
et l’ombre de son sourcil sur le lac
Le bouleau claque des dents
en se cachant derrière le garde-champêtre
Le frêne s’emmitoufle dans son écorce
et retient sa respiration jusqu’au matin
Le pin essuie sa sueur
et appelle son père le pin parasol
La tête entre les jambes
le saule pleure à chaudes feuilles
et fait déborder le ruisseau
Le roseau qui ne le quitte pas des yeux
L’entend supplier le ver luisant
d’éclairer les ténèbres
Seul le chêne garde sa dignité
à genoux dans son tronc
il prie le dieu de la forêt
de hâter l’arrivée du jour…

Vous savez, s’il y a bien une scène du Seigneur des Anneaux qui me fait rêver, ce sont les passages du film des Deux Tours où il est question des Ents. Déjà parce que c’est un souvenir que je partage avec mon Papa qui m’a fait voir plein d’aspects de la scène que je ne connaissais pas. Ensuite, plus généralement, j’adore être en forêt, je me sens toute petite auprès d’un arbre, et j’ai autant de respect pour les plus anciens d’entre eux que pour un membre de ma famille, ou à peu de chose près, c’est une forme de respect sur laquelle j’ai du mal à poser des mots ^^’ Et le passage de la dernière marche des Ents… Brrr, rien que d’en parler j’en ai des frissons partout, cette scène me fait à la fois pleurer et bouillir ! Vous allez me dire, mais quel est le diable de rapport avec ce poème, c’est totalement l’inverse ! Eh bien justement, pas tant que ça. Quitte à passer pour une écologiste extrémiste, Tolkien et Khoury-Gata ont exprimé ici la même chose : les arbres sont des êtres vivants, avec leurs colères mais aussi leurs peurs, leurs émotions profondes. Ca ne vous est jamais arrivé de vous demander ce que les arbres diraient s’ils pouvaient parler ? Ma première pensée est que la forêt amazonienne nous pèterait la gueule ^^’ En tout cas, c’est pour ça que j’ai adoré ce poème : différentes essences d’arbres y sont personnifiés, on les voit vivre et éprouver la même peur de la nuit que n’importe qui. Je veux dire, j’ai presque envie de les prendre dans mes bras et de les câliner à ce stade, pas vous ? ^^’ J’ai eu du mal à trouver une image, ici il s’agit de Paysage Nocturne de Josef Kral, et si ce tableau n’est pas un coup de coeur, je l’ai choisi parce qu’il illustre néanmoins à merveille le poème : jusque dans le filet de rayon de lune sur le lac. L’atmosphère est sombre, le vent fait ployer les arbres noyés dans la nuit. Magnifique ❤ Et je ne résiste pas… Il faut que je vous mette cette scène !! La musique, les dialogues, les paysages GYAAAAAAHHHH ❤

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