Cueilleuse de thé

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Bien le bonjour bande de gens, j’espère que vous allez bien :3 Je continue à rédiger en avance, pour vous donner une petite idée, sachez que cet article est le 15ème que je rédige d’avance, je suis tranquille pour au moins un mois ! C’est sûr, il y aura un sacré délai pour vous, mais au besoin j’agence la planification pour mettre à l’honneur tel ou tel article :3 J’ai l’impression de jouer à être une gérante d’entreprise XD 

Nouvelle chronique littéraire ! Aujourd’hui l’un des deux livres que Pepparshoes du blog Sorbet-Kiwi m’a offert, dans le cadre de notre swap sur l’histoire du thé :3 Je savais qu’elle en avait déjà fait une chronique très enthousiaste (cliquez ici pour la lire), et j’avais déjà très envie de le lire, on peut dire que le swap est tombé à point nommé 😀 Il s’agit de Cueilleuse de thé, de Jeanne-Marie Sauvage Avit, publié en 2017 aux éditions Charleston. C’est une maison d’édition dont j’entends beaucoup parler, surtout via Pepparshoes je l’avoue, et à chaque fois les livres ont l’air d’être géniaux, donc je crois qu’après ce premier essai de lecture, je vais sérieusement m’intéresser à leur catalogue 😛 

Résumé : Au Sri Lanka, l’ancien Ceylan, Shemlaheila est cueilleuse de thé dans une plantation. Depuis dix ans déjà, elle ploie sous les lourds sacs de feuilles de thé et sous le joug des contremaîtres, mais, à l’aube de ses vingt ans, la jeune femme a d’autres rêves. Elle est bien décidée à partir, à échapper à la condition de celles qui, dans les théiers et dans les maisons, sont au service des hommes. Elle ne sera pas cueilleuse de thé toute sa vie, comme sa mère, comme toutes ces femmes asservies qui n’ont d’autres horizons que les interminables rangées de théiers…
Du Sri Lanka à Londres, à la découverte d’un pays complètement différent du sien, Shemla va découvrir une autre culture, d’autres personnes et surtout d’autres envies. La cueilleuse de thé qu’elle a toujours été choisira-t-elle de revenir au pays, ou de se créer une nouvelle vie ?

Mon avis : Coup de ❤ 

Une très belle couverture, je l’aime beaucoup, même si sa beauté cache une réalité sociale bien plus sombre. Elle fait cependant honneur au livre, je comprends tout à fait pourquoi Pepparshoes l’a aimé ! Même s’il ne se déroule pas uniquement dans les plantations de thé, ce livre permet de savoir ce qu’il en est réellement : loin d’être accompli par des machines, le travail est manuel, pénible, et accompli dans des conditions abominables. Une sacrée prise de conscience pour qui ne s’est jamais demandé d’où venait le thé dans sa tasse ! Une sacrée claque aussi devant certaines réalités qui nous semblent si lointaines.

Shemlaheila avait eu un rire de dérision, plein de tristesse.
– Vous téléphonez à votre père quand vous avez un rhume ?
– Il ne s’agit pas d’un rhume mais d’un viol.
– Chez nous c’est pareil.

La plume de l’auteure est vraiment très agréable à suivre, et j’ai dévoré le livre en à peine quelques heures ! L’histoire est riche en rebondissements et évènements tragique ou cocasses ; c’est un mélange étrangement doux-amer, plein de la douceur et de l’émerveillement de Shemlaheila, mais aussi incroyablement violent et triste. L’idée n’est pas de dire que le Sri Lanka est un pays où règne la culture du viol, mais plutôt de ne pas le résumer à quelques idées attrapées au vol et retenues par la société : Shemlaheila le dit bien, même si son pays est ce qu’il est, elle se refuse à le résumer à cela, et elle en connaît le pire comme le meilleur. Et la fin en cela représente bien cette volonté conjuguée de découvrir et d’améliorer entre autres la condition des femmes.

J’aime beaucoup le personnage de Shemlaheila, elle est à la fois forte et douce, elle pose un regard qui peut sembler naïf sur le monde, mais elle est loin d’être stupide, et possède un bon sens qui surprend parfois face à nos dilemmes occidentaux. Elle accepte de bon coeur sa situation, mais n’en continue pas moins de se battre pour atteindre son idéal. C’est une vraie leçon de vie, il y aurait tellement à apprendre d’elle en une seule discussion ! Son histoire ne se résume pas à un simple conte de fée, comme on pourrait le penser au départ, comme Cendrillon qui récupère une situation et un prince dans la foulée ; et c’est vraiment quelque chose que j’ai apprécié, ce roman ne tombe pas dans la solution de facilité qui aurait risqué de le discréditer. Edouard est un personnage que j’ai beaucoup apprécié, il est gentil et attentionné, mais on a quelques indices de l’évolution de l’histoire : il recherche aussi de l’attention, et l’émancipation de sa famille. Quant au kangani Datu-Guemi, il n’y a pas de nom pour décrire un porc pareil ! Plus on en lit sur lui, moins on comprend comment de tels monstres peuvent exister… Pokonaruya, sa femme, est-elle d’une patience d’ange ou d’une résignation à toute épreuve ? Probablement les deux, et elle mérite davantage la compassion et le respect que la simple pitié.

Ce livre nous renvoie en plein dans la figure non seulement la réalité d’un pays étranger, mais aussi celle de notre vision occidentale, tellement marquée par la différence et les préjugés racistes qu’ils en imprègnent même les paroles les plus innocentes et les plus bienveillantes. Et pourtant c’est fait sans méchanceté, à travers encore une fois le regard de Shemlaheila, qui voit sans se tromper ni condamner, à part bien sûr Datu-Guemi et tout ce qui s’ensuit. Jusqu’à la fin on attend qu’il paye, mais à quel prix justement ! Le dénouement et les derniers rebondissements m’ont vraiment transportée et bouleversée.

Je ne remercierai jamais assez Pepparshoes pour ce magnifique livre, que je ne peux que vous recommander chaudement, il est vraiment excellent. C’est une ouverture d’esprit, et une belle note d’espoir, une invitation au voyage et à l’action ❤

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  1. Je suis tellement tellement heureuse que tu aies aimé ! J’ai adoré ce Roman moi aussi, et effectivement, c’était une vraie prise de conscience. Je t’avoue que depuis, je me tourne d’avantage vers les tisanes, mais je me sens tout aussi coupable parce que cela revient à priver de travail toutes ses femmes…. Bref, difficile ! En tous cas, je suis contente qu’il t’ait touché ! ❤

    • C’est sûr que c’est un peu compliqué de savoir quoi faire >< Mais au moins nous ne sommes plus totalement ignorantes sur la question, on peut toujours essayer de se renseigner davantage 🙂
      Et je suis contente que tu me l'aies fait découvrir, merci beaucoup ❤

      • Oui c’est ca ! Le concept de thé bio n’existe pas vraiment, en tous cas pas dans les plantations asiatiques a ce que j’ai lu (parce que j’ai fait de loooongues recherches sur Google après), donc c’est assez compliqué. Mais c’est bon a savoir !

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