Un peu de poésie montagneuse : La brume au pied de la montagne…

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Bien le bonjour bande de gens ! J’espère que vous allez bien ! Ce samedi, je vous propose un nouveau poème, trouvé dans de vieilles, très vieilles anthologies de poésie que j’avais dans mes étagères depuis toute petite ! Je ne sais même pas si elles étaient à moi ou à mes frères et soeur à la base. Comme je n’ai plus beaucoup d’idées pour vous proposer de nouveaux poètes, je dépoussière ces reliques pour vous 😀 Ici, c’était un recueil de poèmes français et étrangers (traduits) autour du thème de la montagne. J’ai feuilleté au hasard, en laissant de côté les poètes dont je vous ai déjà parlé pour varier un peu, et j’ai fini par trouver celui-ci :3

Il s’agit d’un écrit du poète français Jean-Vincent Verdonnet, né en 1923 et mort en 2013. Un peu plus récent que ceux dont je vous parle d’habitude ^^ Son nom ne vous dit peut-être pas grand chose, personnellement je ne le connais pas du tout et pourtant il a publié une trentaine de recueils ; c’est dommage que l’on ne parle pas davantage de poètes récents aux dépens des plus anciens et des plus « classiques » que l’on cite à tour de bras. Verdonnet a reçu plusieurs distinctions poétiques, dont le prix Guillaume Apollinaire. Il se rattache au courant de l’Ecole de Rochefort, je vais essayer de vous l’expliquer avec ce que j’ai pu trouver sur Internet, mais je ne prétends pas avoir saisi toutes ses nuances ! C’est, après le surréalisme, l’un des principaux mouvements de la poésie française du XXème siècle. Ce n’est pas une véritable école, ni un courant de pensée défini, plutôt une proposition d’orientation de la poésie ; elle regroupe des poètes aux sensibilités très différentes, et bat son plein de 1941 à 1961. Elle se constitue en partie en réaction à la poésie nationale et traditionnelle du régime de Vichy ; puis elle entend protester contre les excès d’une poésie engagée venant des résistants comme Louis Aragon. Le mouvement s’inscrivit d’abord dans une démarche de liberté d’expression individuelle, d’humanisme proche de la nature. Dépassant les controverses sur le surréalisme, René Guy Cadou parlait de « surromantisme » pour qualifier sa poésie. Pour vous donner une idée de la pensée de Verdonnet, mieux valent les mots du poète lui-même :

La poésie est une affaire de sensation au départ. C’est l’éveil et la prise de connaissance du monde ; alors vous êtes petit, vous êtes là, vous écoutez, vous voyez, vous sentez, vous goûtez et vous touchez : les sens sont constamment pris à partie. On prête des réactions presque humaines à des végétaux, à des arbres, à des fleurs, à des bruits que vous entendez dans la maison qui, à partir du moment où vous savez utiliser les mots, sont transcrites. 

J’aime beaucoup cette citation :3 Outre le fait que c’est un pain béni pour mes dissertations de littérature, elle me parle beaucoup, elle fait résonner quelque chose pour moi. Voici maintenant le poème de Verdonnet que j’ai choisi pour vous, La brume au pied de la montagne.

La brume au pied de la montagne
a répandu sa blanche jarre
de silence mousseux de rêves
que troue soudain l’éclair du sang
la faim renarde aux creux des combes
où la peur fait ployer les branches
et l’écluse a son plein de nasses
et l’aube s’enlise aux étangs
Les sapins en bure stoïque
ont repris leur pèlerinage
vers la cime de solitude
et la croix que lacère en vain
le blasphème angoissé du vent.

Il y a vraiment quelque chose de viscéral dans ce poème, pour parler familièrement j’ai l’impression de percevoir les images avec mes tripes avant de les voir avec les yeux ! L’appellation de « surromantique » convient totalement selon moi, au moins pour ce poème : ses mots sont sauvages, et transportent ceux qui les lisent en plein dans le coeur vivant de la montagne. Tout est mouvement, couleur, bruit, vie, chaque vers apporte une nouvelle sensation à explorer ! La douceur du rêve devient tempête, bouillonnement, cri jeté à l’écho. C’est magnifique *w*

Pour ce qui est des images pour accompagner le poème, eh bien je ne sais pas du tout ! Le poème m’évoque tellement de choses que je n’ai pas réussi à en choisir une seule, alors je vous propose une petite sélection, libre à vous de me conseiller des titres de tableaux :3 D’ailleurs, saviez-vous qu’il existait une Société des Peintres de Montagne ? Moi non plus ! Je l’ai découverte en cherchant pour cet article, elle existe depuis la toute fin du XIXème siècle tout de même ^^ Enfin bref, voici les peintures auxquelles j’ai pensé pour ce poème :

A tout seigneur tout honneur, celle-ci est tellement connue que je ne pouvais pas décemment ne pas la mettre ^^ Le Voyageur au-dessus d’une mer de nuages, de Caspar David Friedrich, un peintre romantique qui n’était pas la moitié d’un génie à mon humble avis 😉

Un peu moins connue mais proche par la date, voici une peinture d’Alexandre Calame, Torrent de montagne avant la tempête. Elle me plaît beaucoup, parce qu’on y voit le vent furieux dans les arbres et on y entend le torrent qui gronde.

Une peinture d’un certain Philippe Jescourt, je ne connais pas du tout ! Je l’ai choisie pour ses couleurs, qui me rappellent l’éclair sanglant du poème de Verdonnet 😛

Dernière peinture, de Conrad Jon Godly ! Très agressive dans le relief de la peinture et les traits presque tranchants, je l’aime beaucoup elle aussi : la brume, les reliefs accidentés, le vent qui lisse et déchire les flancs, on dirait que la montagne entière est devenue un océan déchaîné ❤

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  1. « c’est dommage que l’on ne parle pas davantage de poètes récents aux dépens des plus anciens et des plus « classiques » que l’on cite à tour de bras.  »

    Parce qu’un vrai auteur, c’est un auteur mort au début 20e, max, et pas après ? :-p

    • Tout dépend de l’auteur XD Mais plus sérieusement, c’est ce que beaucoup de programmes de lettres ont tendance à faire croire, et je trouve ça dommage de ne pas parler en cours de lettres d’auteurs contemporains, plutôt que de ressasser les squelettes des autres encore et encore ^^’
      J’ai été contente de sortir des sentiers battus avec celui-ci, et je me suis même arranger pour le placer dans une copie, je croise les doigts !

      • Oui !

        Payer les auteurs, c’est tellement vulgaire… (affaire de Livre Paris, des conférences non payées et des plantes d’intérieur qui sont louées. Mieux vaut être une plante…)

      • Sérieusement ? C’est vraiment idiot, si les gens voulaient voir des plantes ils seraient allés dans une serre ou ils auraient eux-mêmes acheté un ficus, faut savoir les priorités…

      • C’est toujours comme ça avec les auteurs (et les créatifs en général). On te dit que ça te fera de la pub, excuse en or pour ne pas avoir à te payer.

        J’avais lu une anecdote révoltante sur Livre Paris : une auteure s’est retrouvée à la réunion des professionnels du livre, normalement fermée aux auteurs (ouais…). Et là, un mec se tourne vers elle, bouche en cœur, et lui dit : alors, ça vous fait quoi d’être avec des gens qui travaillent ?
        Tous ces gens qui ne seraient rien sans l’auteur, la base de tout…

      • Mais quel *censuré* *censuré* de *censuré* *censuré* qu’il aille se faire *censuré* par *censuré* !!
        Pas qu’avec les auteurs, il me semble que c’est la même histoire avec les illustrateurs aussi, et du coup plein d’autres métiers j’imagine :/ Quelle bande de rapiats…

      • Exactement… Quand tu veux devenir créatif, il faut avoir conscience que tu es méprisé en tant que tel (et si tu es King ou un autre auteur de cette envergure, tu as droit au respect de façade : c’est pas toi qu’on voit en tant qu’humain, mais tes ventes mirobolantes. Le jour où tu ne rapporte plus… abattoir.), sinon, bonjour l’amertume. J’en fréquente assez pour le savoir. :-/

      • Très inspirant pour l’avenir –‘ C’est paradoxal que le mec qui fait vivre tout le secteur économique soit aussi celui qui soit le moins bien payé… A moins que ça n’ait toujours été comme ça (salaire de député, de PDG, j’en passe et des meilleures…)

      • Plus ta fonction fait sens, ou a une utilité, moins tu es payé, sauf rares cas (médecins). Regarde le salaire des femmes de ménage, des instits, des employés de rayon… Métiers épuisants (voire abrutissants), sous-payés quand tu vois la pénibilité qui les accompagne. Que serait-on sans eux ?

        Quant à l’édition, elle vit sur le dos des auteurs, donc ça a toujours été ainsi depuis le départ. C’est un milieu de prédateurs. Ton seul salut, c’est ton volume de ventes, et plus tu vends, plus ton nom prend de la valeur (le système du nom-marque, plus-value, etc)… et plus on te paye.
        10% de droits d »auteur, ça te fait un euro par exemplaire vendu…

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