Le château d’Otrante

Par défaut

Salutations jeunes damoiseaux et damoiselles, comment vous portez-vous ? Je vous écris actuellement avec ma panoplie complète de demoiselle distinguée, à savoir un vieux pyjama, une polaire XXL, et mes chaussons avec une tête de gorille. Jugez de mon bon goût XD Mais passons aux choses sérieuses !

Nouveau mercredi, nouvelle chronique littéraire ! Je vous présente un livre dont j’avais beaucoup entendu parlé, et finalement j’ai dû le lire dans sa version originale pour mes cours d’anglais 🙂 C’est un livre que l’on considère comme le premier roman gothique, Le Château d’Otrante d’Horace Walpole, publié en 1764. Il devient rapidement très populaire en Europe, et est toujours un classique aujourd’hui. Le roman se base sur des éléments historiques réels du XIIème siècle dans le royaume de Sicile, en y ajoutant une dose de surnaturel grâce à une mystérieuse prophétie. Alors pourquoi la Sicile, je suppose que c’est parce qu’elle est considérée comme terre de mystère et de héros braves et courageux, je ne sais que dire et si vous avez une réponse, je suis toute ouïe ! J’ai un peu galéré à vous trouver un résumé, tout simplement parce que tous ceux que j’ai trouvé sont de violents spoils ; et je trouve ça un peu dommage d’appréhender un classique sans se laisser au moins la découverte de la fin. Donc, je vous ai repris les premières lignes du livre qui brossent assez rapidement la situation initiale. 

Résumé-extrait : Manfred, Prince d’Otrante, avait un fils et une fille : celle-ci, très belle jeune fille de dix-huit ans, s’appelait Mathilde. Conrad, le Prince héritier, de trois ans plus jeune, était un garçon sans originalité, maladif et d’un avenir médiocre. Il n’en était pas moins l’idole de son père qui n’éprouvait pas la moindre affection pour Mathilde.
Manfred avait contracté, au nom de son fils, un mariage avec la fille du marquis de Vicence, Isabelle ; et ses tuteurs l’avaient déjà remise entre ses mains afin qu’il pût célébrer le mariage dès que le mauvais état de santé de Conrad le permettrait.
L’impatience avec laquelle Manfred attendait la cérémonie fut remarquée par ses voisins et sa famille. Celle-ci, à la vérité, redoutant la colère du Prince, n’osait s’exprimer sur cette hâte.

Mon avis : 

La couverture est issue d’une peinture de Füssli dont je vous ai déjà parlé pour son célèbre tableau Le Cauchemar 🙂 Ici, la peinture d’origine s’intitule Lady Macbeth somnambule, le sujet est tiré de la pièce Macbeth de Shakespeare. Malheureusement je ne l’ai pas lu, mais voilà ce que décrit la scène : le médecin et la dame de service assistent à une crise de somnambulisme de Lady Macbeth. Cette dernière apparaît avec un flambeau à la main, et se frottant les mains, comme si elle se les lavait. En effet, rongée par la culpabilité, elle croit voir sur ses mains le sang de Duncan, défunt roi d’Ecosse dont l’assassinat fut commandité par elle-même au début de l’oeuvre. Dans sa folie, Lady Macbeth parle ouvertement de l’assassinat de Duncan, mais aussi de celui de Banquo, noble écossais, qui dut être éliminé par Macbeth car il pouvait être un potentiel opposant politique. Face à ces multiples aveux, le médecin et la dame de service, effarés, comprennent rapidement que la conscience de la reine est douloureusement chargée. Le médecin constate également avec dépit son impuissance, attestant du fait que la maladie qui frappe Lady Macbeth dépasse ses connaissances. Il note cependant les paroles de Lady Macbeth sur un carnet. Cette peinture est un très bon choix pour illustrer le Château d’Otrante, qui tourne autour du dilemme, de la folie, de la culpabilité et de la destruction :3

C’est donc un récit gothique et même un des premiers, on y retrouve ce qui va devenir les éléments-clé du genre : un seigneur tyrannique, des jeunes filles vertueuses, des héros nobles (très important) et courageux, du surnaturel et une touche de mysticisme, avec bien sûr l’intervention de la religion. Ca peut sembler lassant et déjà vu, mais je n’ai pas l’impression de m’être ennuyée : le récit est très court, la situation initiale est très rapidement expliquée comme vous avez pu le voir pour nous amener directement dans l’intrigue, et l’épilogue est expédié de la même façon, de sorte qu’on peut se concentrer sur les péripéties et les rebondissements. Ceux-ci sont très bien amenés et dosés, il y a toujours quelque chose à se mettre sous la dent, et contrairement à d’autres récits classiques ou très connus, même en connaissant la fin le livre recèle encore quelques surprises !

Donc le récit est assez bien mené, mais j’aurais juste deux gros points à soulever qui m’ont gênée dans la lecture : premièrement, la mise en page. Cette mise en page de l’Enfer qui n’a aucun respect pour les dialogues ou le lecteur ! Tous les dialogues sont condensés dans de gros paragraphes sans le moindre retour à la ligne, avec des tirets qui sont en fait des parenthèses la plupart du temps. Alors très souvent certes, les indications sont là pour dire qui parle, mais ce n’est pas du tout fluide, et souvent on est obligé de revenir trois lignes en arrière pour savoir qui s’adresse à qui. Ce qui gêne encore plus la distinction, c’est le pathos, l’excès de sentiments et d’exclamations que l’auteur utilise à profusion. Le deuxième point qui m’a gênée, ce sont les phases d’interrogatoire : à quelques reprises les serviteurs du châteaux sont interrogés, et tous, absolument tous, digressent, racontent leur vie, et se perdent dans des états d’âme. Si leurs interlocuteurs sont exaspérés et ne cessent de les presser pour en venir aux faits, ce n’est rien à côté de mon énervement à moi… Une page, une page entière pour dire qu’on a vu un fantôme pendant 2 secondes, grands dieux >< Je sais bien que l’époque veut qu’on déprécie tous les clampins au profit des aristocrates, m’enfin là c’est tellement caricatural ^^’

Bref, un livre qui a quelques points négatifs ; il est certes court et prenant, mais il nécessite de se pencher sur la lecture pour bien comprendre les tenants et les aboutissants, notamment lors des dialogues. Après, c’est peut-être aussi le fait que je le lise en anglais qui pêche, à voir. Je vous le conseille quand même, et si vous l’avez lu n’hésitez pas à donner votre avis, ça m’intéresse :3

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s