Premières lignes… #6

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Nouveau dimanche, nouvelle découverte ! Je continue le rendez-vous que j’ai trouvé chez Book & share, et inauguré par le blog Ma Lecturothèque 🙂 Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes.

Il était une fois, il n’y a pas si longtemps de cela, un monstre qui vivait à Castle Rock, petite ville du Maine. En 1970, il tua une serveuse répondant au nom de Alma Frechette ; en 1971 une femme appelée Pauline Toothtaker et Cheryl Moody, une jeune étudiante ; en 1974, une jolie fille dénommé Carol Dunbarger ; en automne 1975, une institutrice appelé Etta Ringgold ; enfin, au début de l’hiver de cette année même, une écolière nommée Mary Kate Hendrasen.

Il ne s’agissait ni d’un loup-garou, ni d’un vampire, ni d’une goule ou autre créature innommable venue de forêts enchantes ou d’immensités enneigées ; ce n’était qu’un flic perturbé par des problèmes d’ordre mental et sexuel, un flic qui portait le nom de Frank Dodd. John Smith, un brave homme, révéla par quelque sortilège l’identité du coupable, mais celui-ci – peut-être était-ce préférable – se suicida avant qu’on ait eu le temps de l’arrêter.

Bien sûr, la ville fut atterrée, mais l’allégresse prédomina bientôt, allégresse car le monstre qui avait hanté tant de rêves était mort, enfin mort. Le cauchemar d’une ville fut enseveli dans la tombe de Frank Dodd.

Pourtant, en ce siècle hautement civilisé, alors que tant de parents s’inquiètent du préjudice psychologique qu’ils pourraient faire subir à leurs enfants, il existait sûrement, quelque part à Castle Rock, un père ou une mère – peut-être une grand-mère – qui faisait taire les gosses en leur racontant que Frank Dodd viendrait les chercher s’ils ne prenaient pas garde ou s’ils n’étaient pas sages. Et nul doute que le silence tombait tandis que les enfants dirigeaient leur regard vers les fenêtres sombres en pensant à Frank Dodd, dans son imperméable de vinyle noir et luisant, Frank Dodd l’étrangleur… l’étrangleur… l’étrangleur.

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