Un peu de peinture espagnole : Les Vieilles

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Bien le bonjour bande de gens ! J’espère que vous allez bien 🙂 Qui suis-je, où vais-je, pourquoi j’erre, je ne sais si je suis encore vivante et si je survis à la prépa, la seule chose qui m’en convainc, c’est que je ne traverse pas encore les murs ^^’

Aujourd’hui je vous propose de découvrir un nouveau tableau, d’un peintre que nous connaissons tous au moins de nom ! Francisco José de Goya y Lucientes, dit Francisco de Goya, est né en 1346 et mort en 1828, c’est un peintre et un graveur espagnol. Il introduisit plusieurs ruptures stylistiques qui initièrent le romantisme et annoncèrent le début de la peinture contemporaine. L’art goyesque est considéré comme précurseur des avant-gardes picturales du XXème siècle. Son oeuvre évolue beaucoup au cours de sa vie, marquée par les évènements historiques et politiques qui vont donner par exemple les peintures Dos de mayos et Tres de mayos ; de plus, il souffre au cours de sa vie de plusieurs maladies, il devient sourd en 1792, et en 1819 l’accès est si violent qu’il le laisse très faible, et son style est radicalement transformé, passant dans des thèmes plus sombres. Par exemple, il peint pour sa maison une série d’une quinzaine de Peintures noires. Plus généralement, il est peintre à la cour royale espagnole, et il est connu pour ses portraits de maya, c’est-à-dire de belles jeunes femmes. Je vous conseille d’aller faire un tour parmi ses oeuvres, certains tableaux valent le coup d’oeil 🙂 Et pour vous mettre en appétit, j’ai choisi pour cette semaine le tableau Les Vieilles, peint de 1808 à 1812.

Beaucoup de choses à voir dans ce tableau ! Deux femmes extrêmement vieilles que tout oppose dans le jeu de couleur clair-obscur, celle de gauche présente à celle de droite un miroir au dos duquel est inscrit « Qué tal ? » soit « Comment ça va ? » en espagnol. De plus, la femme de droite tient une petite miniature qu’elle regarde avec une certaine nostalgie, et il s’agit en fait d’une peinture d’elle lorsqu’elle était jeune. Donc beaucoup d’ironie entre le miroir et la peinture ^^ La dame de droite pourrait être la Reine d’Espagne, car elle porte la même flèche d’argent dans ses cheveux que la Reine portait souvent. Derrière les deux femmes se tient un ange, qui est à la fois la représentation de la Mort et celle de Chronos, le dieu du Temps. Armé non pas d’une faux, mais d’un balai, il s’apprête à balayer les deux vieilles comme des tas de poussières… qu’elles ne tarderont pas à devenir !

Ce n’est pas mon tableau préféré, mais il reste pour moi un bel exemple du genre des vanités. Les deux femmes ont déjà l’air de cadavres ambulants, pratiquement squelettiques : celle de gauche ressemble à un crâne, tant le contour de ses yeux donnent l’impression qu’ils flottent au milieu d’une orbite vide. J’aime beaucoup le fait que Chronos soit armé d’un simple balai : sa figure n’en est pas moins impressionnante, il reste un puissant vieillard dont les ailes débordent du tableau, et qui domine la scène ; mais le balai est, quand on y réfléchit, bien moins digne et noble qu’une faux ! La mort n’est pas une dignité, pour qui que ce soit. C’est un état de fait, une chose presque aussi banale que de balayer le pas de sa porte : tout le monde y est confronté, tout le monde doit tôt ou tard nettoyer  son seuil, même les puissants. Et sur la différence si contrastée des deux femmes, je suis perplexe ! Certains voient de l’hostilité de la part de celle de gauche envers celle de droite, mais je ne suis pas d’accord. Pour moi, la femme de droite est si claire car elle est restée dans le passé, la jeunesse, la pureté : elle demeure absorbée par sa miniature, son portrait de jeunesse, avec un regard béat et rouge, comme si elle avait pleuré ; et la femme de gauche, elle, est en noir car consciente de sa fin proche, et douloureusement consciente ! Regardez ses yeux alors qu’elle fixe le miroir. Elle voit sa compagne telle qu’elle est, et elle se voit elle-même telle qu’elle est, à savoir, vieille. Elle est donc plus sombre, presque en deuil au point de s’absorber dans les ombres du tableau, et son visage a déjà les traits d’un squelette. Les deux auront beau utiliser tous les artifices du monde : les bijoux, le rouge aux joues maintenant squelettiques, c’est le balai qui les attend toutes les deux.

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