Un peu de poésie bourgeoise : Mr. Prudhomme

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Bonsoir et bonne nuit, je suis la définition et l’incarnation de l’épuisement >< On se retrouve pour un nouveau rendez-vous poésie, cette fois-ci je voudrais vous parler d’un autre grand nom, Verlaine ^^ On étudie le romantisme en cours, c’est un de mes mouvements littéraires préférés, aux grands élans passionnés et émotionnels, et aux paysages introspectifs :3 Les écrivains romantiques critiquent le conformisme bourgeois, la petite vie bien rangée qui passe à côté des choses les plus belles et les plus essentielles. Le premier recueil de poèmes de Verlaine était celui des Poèmes saturniens (je pense que je vais aller l’acheter), et parmi ces poèmes il y a celui de « Mr. Prudhomme ». Mr Prudhomme est un personnage caricatural du bourgeois français du XIXème siècle, créé par le caricaturiste et acteur Henry Monnier. 

Paul Verlaine est un écrivain et poète français, né en 1844 et mort en 1896. Il est très connu pour la liaison qu’il a entretenue avec le poète Rimbaud ; ils mènent une vie d’errance en Angleterre et en Allemagne, mais leur histoire se termine brutalement alors que Verlaine blesse légèrement son amant, ce qui le conduit en prison, et à renouer avec le catholicisme. Sa poésie évolue en conséquence. Verlaine est l’archétype du poète maudit ; ses poèmes sont apparemment simples, très mélodieux et fluides, et jouant sur la mélancolie, mais ils montrent une grande sensibilité. On peut rattacher son oeuvre au courant impressionniste, une deuxième raison qui fait que je l’aime bien :3 Je ne le connais pas beaucoup non plus, mais j’ai eu très peur qu’il ne soit comme Rimbaud, avec qui j’ai un peu plus de mal ^^’ Enfin bref, ce poème m’a beaucoup plu, il est court et très évocateur ! Pour l’accompagner, je vous ai mis le Déjeuner sur l’herbe de Manet, véritable pied-de-nez aux conventions picturales de technique (comme la perspective, la femme au fond devrait être plus petite), de sujet (des bourgeois bien pensants en compagnie de femmes nues comme les Muses antiques), et bien évidemment de morale !

Il est grave : il est maire et père de famille.
Son faux col engloutit son oreille. Ses yeux
Dans un rêve sans fin flottent insoucieux,
Et le printemps en fleur sur ses pantoufles brille.

Que lui fait l’astre d’or, que lui fait la charmille
Où l’oiseau chante à l’ombre, et que lui font les cieux,
Et les prés verts et les gazons silencieux ?
Monsieur Prudhomme songe à marier sa fille.

Avec monsieur Machin, un jeune homme cossu,
Il est juste-milieu, botaniste et pansu.
Quant aux faiseurs de vers, ces vauriens, ces maroufles,

Ces fainéants barbus, mal peignés, il les a
Plus en horreur que son éternel coryza,
Et le printemps en fleur brille sur ses pantoufles.

Ce poème est un petit bijou de moquerie 😀 Chaque point vient souligner une pique et une chute de Mr. Prudhomme, tout en lui est ridicule, bas et matériel. Par la maîtrise même de chaque vers de son poème, Verlaine contredit habilement ce que le bourgeois pense des poètes, ces « fainéants barbus et mal peignés ». Le printemps se reflète inutilement sur ses pantoufles d’intérieur, vous regardez souvent le printemps sur vos chaussures vous ? Il faut lever les yeux pour le voir, l’entendre sans faux col, le sentir, le goûter, et je trouve que c’est une des plus belles trouvailles de Verlaine que ces derniers vers de strophe :3

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