Un peu de poésie ritournelle : Le pont Mirabeau

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Bien le bonjour bande de rhododendrons, j’espère que vous allez bien ^^ Noël approche à grands pas, et si vous saviez comme j’ai hâte ! Impossible de me concentrer sur mes cours, j’ai une sarabande de petits bonnets rouges, de grands lutins bleus, et de chaussettes géantes multicolores qui danse au plafond de mon appart… et non en fait, je crois vraiment qu’il y avait quelque chose de bizarre dans ces chocolats.

Pour ce samedi, je voudrais vous parler d’un poème d’Apollinaire ! Et en passant, petite astuce si comme moi vous galérez à savoir combien de L et de P prennent les noms dérivés d’Apollon, pensez à un smiley qui tire la langue : deux L minuscules pour les yeux, un P renversé pour la langue. De rien ^^ Il s’agit d’un poème publié en 1912, puis en 1913 dans le recueil AlcoolsLe pont Mirabeau. Le titre reprend le nom d’un pont de Paris, celui qui est le plus au sud-ouest ; on peut d’ailleurs trouver une plaque sur ce pont qui reprend le début du poème. Le poème a été plusieurs fois mis en chansons, par divers artistes et interprètes. Il parle de l’amour, de la nostalgie et du temps qui passe, je l’aime énormément ❤

Guillaume Albert Vladimir Alexandre Apollinaire de Kostrowitzky, dit Apollinaire (oui, moi non plus je ne m’y attendais pas), est né en 1880 et mort en 1918. Il meurt de la grippe espagnole à Paris, mais il est déclaré mort pour la France en raison de son engagement dans la Première Guerre Mondiale. Il fut poète et écrivain, critique et théoriciens d’art. On le connaît pour ses poèmes, et surtout ses calligrammes, mais il a aussi écrit des romans, et une partie de son oeuvre est connue pour sa dimension érotique et licencieuse. Sa correspondance de guerre avec Lou, une femme qu’il aime mais qui ne le lui rendra jamais, est aussi très connue et très belle. Il a forgé le terme de « calligramme » (contraction de « calligraphie » et « idéogramme »), mais n’est pas l’inventeur du genre (dont on a des exemples dès le Moyen Age) ; il a aussi forgé le terme de « surréalisme », et est un des précurseurs de ce courant artistique.

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

J’aime particulièrement l’air de ritournelle de ce poème, avec son refrain tellement beau et mélancolique :3 La métaphore de l’eau pour le temps qui passe, avec les sons L qui renforcent cette illusion d’eau qui glisse et file au loin. Le sentiment amoureux est plus diffus mais il semble dilué dans tout le poème, contrairement à l’Espérance qui poignarde presque le poème en plein coeur, un peu comme une pierre qu’on jetterait : le choc, et puis le sentiment qui se diffuse. Même si le sentiment amoureux n’est plus, il en reste quelque chose d’éternel. C’est un cycle : le fleuve, la joie et la peine, l’heure qui sonne encore et encore, on entend presque la cloche d’un clocher qui résonne au loin ; même l’image du pont se répète dans le souvenir, dans l’image des deux amoureux qui se tiennent la main, et même dans l’image du pont entre les regards. Et au beau milieu, fixe, le poète qui regarde le fleuve : la vie passe, mais il reste perdu dans la contemplation de ses souvenirs. Je l’imagine bien, appuyé à la rembarde du fleuve, et les yeux dans la Seine.

Pour accompagner le poème, j’ai beaucoup hésité, mais je voulais depuis longtemps vous montrer cette image. Un peu flou, un jour d’été, on dirait le souvenir d’une belle balade de vacances qui s’étiole un petit peu, mais les couleurs restent vives. Et si comme moi, vous avez cru que c’était une photo mal réglée, permettez moi de vous détromper : c’est une peinture de l’artiste Gerhard Richter, réalisée en 1999 ^^

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