Les chants de Maldoror

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Bien le bonsoir bande de gens ! J’ai mis pas mal de temps à trouver ce que je voulais vous montrer ^^ Ca faisait un bon moment que je voulais vous parler des Chants de Maldoror, un recueil de prose poétique écrit par Lautréamont en 1869. C’est un recueil de plusieurs textes, divisés et 6 « chants » et qui n’ont aucun lien véritable entre eux, à part la présence dans certains d’entre eux de Maldoror, un personnage mystérieux, maléfique et qui assume pleinement cet état de fait. J’ai découvert Les Chants de Maldoror avec les cours de l’année dernière, et j’ai commencé à les lire sans trop savoir à quoi m’attendre : j’aime beaucoup les récits sombres, mais j’avoue que là, c’est à la fois sublime et ultra glauque, et il faut s’accrocher !

Isidore Lucien Ducasse, plus connu sous son pseudonyme du comte de Lautréamont, est un poète français né en 1846 et mort en 1870. On ne sait que peu de choses sur lui, il est mort à 24 ans sans avoir été reconnu ; les surréalistes notamment essayèrent de trouver des éléments biographiques dans ses poèmes. Le nom de Maldoror est une possible contraction des mots « mal » et « horror » ; tout le recueil est emprunt d’une grande violence, et d’une rébellion contre le monde « réel », au profit d’un monde plus imaginaire où tout est permis, ou du moins il n’y a aucune répression morale du personnage envers lui-même : au contraire, il embrasse pleinement sa noirceur, comme un véritable Mr. Hyde méprisant la race humaine. Le lecteur est confronté à cet univers de ténèbres, il partage la vision d’un monde en perpétuel mouvement, faisant l’expérience de la férocité, de la sauvagerie et de la perte de repères. Le livre est très dense, moins au niveau du texte que de la puissance des émotions sollicitées :3 Je ne voulais pas vous jeter dedans de but en blanc, donc j’ai pris un extrait du tout début pour vous montrer ^^ Et pour l’accompagner, je vous propose, surtout pour les paroles, Mz Hyde de Halestorm :3

Lecteur, c’est peut-être la haine que tu veux que j’invoque dans le commencement de cet ouvrage ! Qui te dit que tu n’en renifleras pas, baigné dans d’innombrables voluptés, tant que tu voudras, avec tes narines orgueilleuses, larges et maigres, en te renversant de ventre, pareil à un requin, dans l’air beau et noir, comme si tu comprenais l’importance de cet acte et l’importance non moindre de ton appétit légitime, lentement et majestueusement, les rouges émanations? Je t’assure, elles réjouiront les deux trous informes de ton museau hideux, ô monstre, si toutefois tu t’appliques auparavant à respirer trois mille fois de suite la conscience maudite de l’Éternel! Tes narines, qui seront démesurément dilatées de contentement ineffable, d’extase immobile, ne demanderont pas quelque chose de meilleur à l’espace, devenu embaumé comme de parfums et d’encens ; car, elles seront rassasiées d’un bonheur complet, comme les anges qui habitent dans la magnificence et la paix des agréables cieux.

* * * * *
J’établirai dans quelques lignes comment Maldoror fut bon pendant ses premières années, où il vécut heureux; c’est fait. Il s’aperçut ensuite qu’il était né méchant : fatalité extraordinaire! Il cacha son caractère tant qu’il put, pendant un grand nombre d’années ; mais, à la fin, à cause de cette concentration qui ne lui était pas naturelle, chaque jour le sang lui montait à la tête; jusqu’à ce que, ne pouvant plus supporter une pareille vie, il se jeta résolument dans la carrière du mal… atmosphère douce ! Qui l’aurait dit! lorsqu’il embrassait un petit enfant, au visage rose, il aurait voulu lui enlever ses joues avec un rasoir, et il l’au- rait fait très souvent, si Justice, avec son long cortège de châtiments, ne l’en eût chaque fois empêché. Il n’était pas menteur, il avouait la vérité et disait qu’il était cruel. Humains, avez-vous entendu? il ose le redire avec cette plume qui tremble ! Ainsi donc, il est d’une puissance plus forte que la volonté… Malédiction ! La pierre voudrait se soustraire aux lois de la pesanteur ? Impossible. Impossible, si le mal voulait s’allier avec le bien. C’est ce que je disais plus haut.

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