Misery

Par défaut

Bien le bonjour les gens, buvez beaucoup et restez chez vous ! Sans déconner il fait tellement chaud que mes murs transpirent et mes touches fondent sous mes doigts, on dirait la pub Perrier pour ceux qui ont la référence ^^

Nouvelle chronique littéraire, je pensais l’avoir faite mais non, honte à moi ^^ Une lecture en version originale pour le cours d’anglais, quitte à lire, autant le faire avec un bouquin qui a de la gueule 😉 Il s’agit de Misery de Stephen King, écrit en 1987 ; le livre a reçu le prix Bram Stoker du meilleur roman, et a été adapté au cinéma en 1990. Je n’ai pas vu le film, j’ai l’impression qu’il a vieilli, mais des potes à moi me chantent continuellement ses louanges, donc je pense que je sauterai le pas dès que l’occasion se présentera ^^ Stephen King est un auteur que j’adore, même si la lecture de Joyland m’avait énormément déçue : Shining, Rose Madder, Cujo, ces livres sont absolument géniaux, et j’avais vraiment hâte d’en découvrir un nouveau !

Résumé : Paul Sheldon, un écrivain à succès, a la malchance d’avoir un accident de voiture au milieu de nulle part. Il est recueilli par Annie Wilkes, qui se décrit comme « son admiratrice numéro 1 ». Etant infirmière, elle l’amène chez elle pour le soigner. Apprenant que Paul s’apprêtait à faire mourir l’héroïne de ses romans, Misery Chastain, elle le séquestre, et lui demande d’écrire un nouveau livre rien que pour elle, en « ressuscitant » Misery. Malheur à Paul s’il refuse… Ne pouvant plus se déplacer sans fauteuil roulant, drogué et dépendant, il est à la merci d’Annie, qui n’hésite pas a employer des moyens… radicaux pour le convaincre.

Mon avis : Coup de ❤ 

Alors comme d’habitude on commence sur la couverture ! La mienne met l’accent sur l’isolement de Paul, enfermé dans sa petite maison dans la pr… euh sous la neige. Pourquoi pas, même si le livre dure bien plus qu’un hiver, j’imagine que ça symbolise la gueule du loup au moment où Paul découvre qu’il s’y est jeté jusqu’à la glotte. Certes la lumière donne un petit côté étrange, mais la couverture que je préfère, c’est celle des éditions J’ai lu : elle est magnifique, elle rend à la perfection l’atmosphère du roman, même pas besoin du résumé. On voit bien l’auteur enchaîné à sa machine, à son travail, et à son étiquette d’auteur, le tout sous l’ombre menaçante d’Annie. Par extension, j’y vois l’auteur condamné à n’être que l’auteur de ses fan, et c’est superbe. Je trouve cette couverture très évocatrice, elle complète à merveille le récit. Bon, je ne sais pas si King a voulu dire tout ça dans son oeuvre, mais c’est ce à quoi ça me fait penser.

L’histoire est vraiment géniale et ultra prenante, j’ai adoré ce livre à n’en plus finir ! Pas une seule fois je ne me suis ennuyée, ce qui est une prouesse quand on voit que le protagoniste est coincé dans son plumard. J’ai beaucoup aimé le choix de narration qui nous fait découvrir la trame générale du nouveau roman Misery, la mise en abime est très jolie et ajoute deux fois plus de suspense. Le récit est fluide, l’atmosphère est viscérale, et j’étais vraiment avec Paul dans la terreur et l’angoisse de voir Annie pointer le bout de son nez.

Le personnage de Paul est donc celui d’un écrivain qui a, sinon du talent parce que c’est une notion que de je trouve délicate à manier, du moins énormément d’inspiration et assez d’intelligence pour savoir la transcrire sur le papier. Il assez courageux pour tenter de s’échapper, et assez débrouillard : pas au point de sortir la carte McGyver, mais suffisamment pour lui tirer mon chapeau ! Il est aussi lucide sur lui-même, et en soi la séquestration lui permet de faire quelques retours sur lui-même et son travail d’écrivain. Sa dépendance aux médicaments est très bien décrite mais pas handicapante dans la progression du récit. Annie est une Némésis excellente et effrayante, on a beau savoir qu’elle est capable de tout, chaque escalade dans sa folie est une nouvelle raison d’avoir peur pour Paul, et de s’accrocher au livre comme à une bouée de sauvetage. En tant que personnage isolé et reclus, avec une obsession et des principes moraux forts (j’ai bien dit des principes et non un sens moral), elle me faisait penser de prime abord à l’archétype du bouseux un peu abruti : surtout sa façon de jurer que je trouve très originale, et qui à chaque fois qu’elle jure m’empêche de la prendre vraiment au sérieux ^^’ Mais ça la rend d’autant plus effrayante quand tous nos préjugés nous sont renvoyés dans la figure : oui elle ne dévie jamais de ses principes de base, mais c’est ce qui la rend d’autant plus extrémiste, observatrice et inventive ! Annie et Paul, ces deux personnages suffisent à vous en mettre plein la vue.

D’ailleurs, le personnage d’Annie est explicitement posé comme un archétype de fan dans le livre, une fan inconditionnelle, d’autant plus exigeante en terme d’histoire, mais aussi en terme de qualité de cette histoire : d’une part elle permet donc une réflexion sur le public, parfois exigeant à l’extrême et qui ne se laisse pas entuber ; d’autre part c’est aussi une réflexion sur l’auteur par le biais de sa relation avec Paul, dans le sens où l’auteur est mis sur la sellette par les fans, et qu’il cherche à échapper à cette pression, soit en écrivant à l’arrache, soit en donnant aux fan ce qu’ils veulent, mais alors il s’enferme encore plus.
Et ça me fait beaucoup penser à deux autres écrivains que vous connaissez forcément : d’abord Arthur Conan Doyle, à qui les fan ont envoyé des tonnes de lettres de protestations lorsqu’il a tué son héros, Sherlock Holmes. Conan Doyle l’avait fait parce que justement son héros commençait à lui peser, et qu’il voulait se consacrer à d’autres projets ; il reprendra finalement Holmes suite à la pression des fans et à des ennuis d’argent. C’est fou n’empêche, un personnage aussi bon soit-il ne devrait pas faire oublier que l’auteur est lui aussi un être humain, le plaisir qu’on a à lire l’histoire découle aussi du plaisir qu’il a eu à l’écrire non ?
Le deuxième écrivain, c’est J.K. Rowling qui est un peu pour moi ce que Virgile et Cicéron étaient aux Romains et aux écrivains du Moyen Age : on privilégie leur imitation pour éventuellement les dépasser un jour 😀 Et du coup, J.K. Rowling parce que : lorsqu’elle a fini d’écrire ses sept livres, elle a estimé avoir rempli sa part du contrat envers ses fans, et a voulu écrire autre chose, en l’occurence Place à prendre (et je confirme c’est très TRES éloigné d’Harry Potter, même en le sachant ça surprend !), sans compter les livres écrits sous pseudonymes. Bon après, elle a choisi de repartir avec les films et le théâtre sur Harry Potter, et personne ne me fera croire que c’était pour un souci d’argent (on parle d’une des plus grosses fortunes d’Angleterre). J.K. Rowling me fait vraiment penser à un auteur que ses fan définissent plus par son personnage que par autre chose, et je trouve ça vraiment dommage : son personnage est intéressant et humain, mais faudrait pas oublier que l’auteur l’est aussi, pas au titre de Dieu ou d’extra-terrestre, mais en tant que simple être humain… et c’est encore mieux !

Bref une digression un peu longue, tout ça pour dire que je ne sais pas si Stephen King a voulu faire une critique directe à ceux qui agissent comme des fan, mais on a ici matière à réfléchir sur l’auteur, son lecteur, et la relation entre les deux. Et au-delà de ça, ça reste un super thriller viscéral et génial, pas très long (en tout cas moi je n’ai pas vu le temps passer), et qui est un vrai bijou ❤ Je ne saurais que trop vous le conseiller !!! 

Publicité

"

  1. Sympa comme livre à étudier en cours ! Je l’ai lu en VO aussi, et j’avais adoré l’aspect que tu soulignes, la réflexion sur la figure de l’écrivain, à la fois par rapport à son oeuvre et par rapport à ses fans.

  2. Je l’ai en VO dans ma PAL et je pense le sortir de là en novembre, la consigne du challenge 1 Mois 1 Consigne étant lire Stephen King ^^ J’avais un peu peur (il m’angoisse ce mec, c’est pas possible !^^ ) mais tu me rassures ^^

  3. Pingback: Tag : Questionnaire de Proust | Sorbet-Kiwi

  4. Sylvain a vu le film plusieurs fois, et il te fait dire que « c’est très bien, mais un peu compliqué pour ton cerveau » (oui bah, c’est Sylvain, quoi…. mais lui, il l’a vu), et que « voir Molly Brown de Titanic devenir une vraie psychopathe est un vrai délice !!! Le film a un peu vieilli, mais reste très prenant et bien pour ton goût mobide des choses ».
    Moi je dirais (mon petit coeur n’ayant réussi à le voir qu’une seule fois, lui) qu’effectivement le jeu de Kathy Bates, une actrice au top particulièrement dans ce film, vaut vraiment le coup d’oeil, oui !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s