Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates

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Je vous salue petits êtres étranges 😀 J’espère que vous allez bien, malgré le froid, la pluie, et tout ce qui s’ensuit. Je suis en plein dans les cadeaux de Noël, j’ai hâte de rentrer chez moi pour décorer le sapin et ENFIN m’autoriser une grasse matinée bien méritée dans le lit fait par ma Maman. Je ne sais pas pourquoi, dites-moi si c’est aussi votre cas, mais quand c’est ma mère qui fait mon lit, je dors comme un vrai bébé, et c’est plus que jamais une épreuve de volonté pour sortir des couvertures le matin :3

cercle littéraire amateurs épluchures patatesAujourd’hui bande de gens, une chronique sur un livre qui a déjà été chroniqué et re-chroniqué, Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, d’Annie Barrows et Mary Ann Shaffer, sorti en 2015 ! J’ai finalement pu me l’acheter, et il était dans ma PAL depuis un petit moment, j’ai enfin sauté le pas !

Résumé : Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d’un inconnu, un natif de l’île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis – un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d’un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d’une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates…) délices bien évidemment strictement prohibés par l’occupant.
Jamais à court d’imagination, le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d’humanité Juliet est conquise. Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs membres du Cercle et même d’autres habitants de Guernesey , découvrant l’histoire de l’île, les goûts (littéraires et autres) de chacun, l’impact de l’Occupation allemande sur leurs vies…
Jusqu’au jour où elle comprend qu’elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain roman. Alors elle répond à l’invitation chaleureuse de ses nouveaux amis et se rend à Guernesey. Ce qu’elle va trouver là-bas changera sa vie à jamais.

Mon avis : Coup de ❤ 

Vous savez, il y a très peu de livres qui me font pleurer. Beaucoup m’émeuvent profondément, mais ceux qui m’ont fait pleurer, je peux les compter sur les doigts de la main, celui-ci compris. Et comme je l’ai lu dans le train, j’ai inquiété mon pauvre voisin de siège qui m’a demandé si tout allait bien, je crois qu’il m’a prise pour une folle 😀 J’ai beaucoup aimé le choix de l’auteur pour le format des lettres, qui ne s’embarrasse pas de grandes descriptions, mais parvient tout de même à véhiculer des émotions très fortes et très belles. Depuis les personnages jusqu’aux thèmes abordés tout au long du livre en passant par l’histoire, ce livre est absolument incroyable. Je me suis sentie proche de beaucoup de personnages à mesure qu’ils se confiaient. Et j’ai trouvé plein de citations magnifiques, que je tiens absolument à vous faire partager !

Tout d’abord la relation avec la littérature, ou tout simplement la lecture. Les habitants se sont presque tous pris au jeu du club et ont chacun leur lecture favorite, leur manière d’en parler, c’est captivant parce qu’ils arrivent à parler de leur lecture en très peu de mots et pourtant ils donnent vraiment envie de tester leurs livres ! C’est surtout l’auteur Charles Lamb qui revient, du coup maintenant j’ai très envie de le découvrir !

Je n’éprouve aucune passion pour les bosquets et les vallées. Les chambres qui m’ont vu naître, les meubles sur lesquels mes yeux se posent depuis toujours, la bibliothèque qui m’a suivi partout où je suis allé, tel un chien fidèle – les vieux fauteuils, les vieilles rues, les squares où j’ai pris le soleil, mon ancienne école – n’est-ce pas suffisant, me faut-il encore vos montagnes ? Je ne vous envie guère. Je vous prendrais même en pitié si j’ignorais que l’esprit peut de toute chose se faire un ami. Charles Lamb

Je trouve cette citation absolument magnifique. En fait, ce qui fait le charme du livre, c’est que la lecture prend une toute autre dimension que le simple loisir. C’est plus qu’une simple béquille, c’est comme la petite chose qui vous manquait sans que vous le sachiez. Je ne sais pas si j’arrive à bien rendre l’idée, mais c’est comme ça que je l’ai ressenti, et c’est tout le livre qui m’a fait cet effet. C’est vraiment la lecture qui s’incarne dans la vie.

Le contexte de ma rencontre avec Christian peut sembler étrange, mais notre amitié ne l’était pas. Je suis persuadé que de nombreux insulaires se sont liés avec des soldats. Parfois je pense à Charles Lamb et je m’émerveille de ce qu’un homme né en 1775 soit à l’origine de cette amitié.

Le deuxième thème majeur va être l’île sous l’Occupation allemande, les témoignages des habitants. Et bon sang qu’est-ce que j’ai pu pleurer. L’Occupation est vue d’un point de vue très humain, autant envers les prisonniers que les occupants : comme quoi c’est facile de coller un masque de monstre, mais les soldats n’étaient pas tous des gros sadiques. L’Occupation exacerbe les méchancetés comme les solidarités (bon après mes cours d’histoire je ne fais pas d’illusions, c’était loin d’être aussi rose partout), et c’était vraiment passionnant de suivre les habitants dans leur quotidien. J’ai aussi beaucoup apprécié le personnage de Remy : les témoignages sur ce qui se passe DANS les camps, on connaît. On connaît beaucoup moins ce qui se passe APRES les camps, et c’est pas forcément rose, tout le monde fait la sourde oreille et personne ne peut comprendre. Rien n’est jamais comme avant, et ce n’est pas dit qu’on pourra se reconstruire un tant soit peu.

Parfois des enfants descendaient à St.Peter Port pour les observer. Ils leur tendaient des noix, des pommes ou des patates. L’un des esclaves n’acceptait jamais leurs dons. Il se contentait d’approcher, de glisser son bras entre les barbelés et de leur caresser le visage et les cheveux.

Je me suis tourné vers un homme, assis contre une barrière, non loin, et j’ai crié : « Nous sommes sauvés ! Les Britanniques sont ici ! » C’est alors que j’ai remarqué qu’il était mort. Il n’avait manqué notre libération que de quelques minutes. Je me suis assis dans la boue et j’ai sangloté, comme si c’était mon meilleur ami.

Bien sûr, le livre ne tourne pas autour de ça. Il y a tout simplement Guernesey et ses habitants, tous adorables (enfin presque tous) et tous avec leurs petites manies. Isola Pribby est démente avec ses petits délires poussés aux extrêmes, je me l’imagine tellement ! Et les épisodes des lettres de sa grand-mère, un vrai régal, j’aimerai tellement que ce soit vrai ! Elizabeth est un peu le fil rouge du livre, un peu comme un personnage de légende 🙂 Je trouvais que Kit était vraiment une enfant gâtée au départ, et puis finalement je la comprenais un peu mieux à la fin. J’ai eu un peu de mal avec Dawsey, comme il est très silencieux c’est un peu compliqué de vraiment s’attacher à lui, jusqu’au petit retournement final, mais ses lettres sont très touchantes. On se sent très proche de Juliet (même prénom, ça crée des liens ^^), elle a une très jolie plume et beaucoup d’humour ! Ses échanges avec Sidney m’ont bien fait rire, Sidney qui d’ailleurs m’a encore plus fait rire quand il dément les soupçons que tout le monde nourrit, lecteur compris 😛

Bilan, un livre absolument génial, et sans conteste une lecture à ne pas manquer :3

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